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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 12:21

NOTES SECRÈTES

 

 

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Ce billet, je ne le publierai probablement pas, du moins je l'espère, je ne peux cependant m'empêcher de l'écrire. Tant j'ai ri, parfois jaune, en le parcourant. (Il y a beau temps que je croyais avoir détruit ces "Notes secrètes", mais il faut croire que l'acte manqué soit encore une fois des plus réussi!)

 

Ces "notes" donc, prises entre ma quatorzième et ma seizième année (Mai 68 est un repère infaillible pour moi)

 

 

Il y a des jours où je voudrais être un arbre.
Je veux édifier, façonner un monument qui sera mien.
Dans notre vie d’aujourd’hui il faut savoir sacrifier le spirituel pour le matériel ou le matériel pour le spirituel.

 

13/12/67
En lisant les essais de Montaigne, je me suis rendu compte que si, un jour, j’étais amené à mettre par écrit ce que je pense, je n’emploierai pas cette masse de chapitres obscurs qui nous tombent dessus lourdement. Non, j’emploierai un style clair, aéré et précis.

Je ne me fais d’ailleurs pas d’illusions, il y a peu de chances que je réussisse dans quelque domaine que ce soit ... Mais je continuerai à écrire cependant ... 

Je pourrai dire que j’ai passé une bonne partie de ma jeunesse à attendre. Mais je suis patient!

J’irai jusqu’à dire que notre devoir d’adolescent est d’être et de rester jeune, jusqu’à la mort.
 

 

 

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                                                                            (Brouillon daté du 14/07/2010)

5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 12:18

Born to the blog? mes fesses.

 

Je ne sais plus si ça a commencé comme ci:

 

 

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ou comme ça :

 

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                                                                                   (Brouillon daté du 02/10/2010)

5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 12:14

... n'est pas vraiment donnée.


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Je vais devoir bientôt déménager et dois dès à présent envisager de m'organiser. Un temps. Mais comme toutes les autres fois, je sais que le plus simple, et parfois le plus économique, est d'aligner la moitié de mes possessions sur le trottoir. Des amis bien intentionnés m'ont dit : "Joue-le à l'américaine! Tu mets une affiche, tu colles des prix sur tout, et tu vends!" C'est tentant. (Pensez à m'entraîner à rendre la monnaie.)

Jouez à la marchande, il y a longtemps que j'en rêvais en secret. C'est peut-être l'occasion à saisir... A voir.


                                                                                              (Brouillon daté du 21/10/2010)

31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 15:36

 

  Je me méfie des âmes charitables. Je n’y peux rien, c’est ainsi. Sans doute pour la raison que j’ai eu affaire à certaines d’entre elles par le passé et que je n’en garde pas un souvenir tant ému que ça.

  Pas question cependant de mettre toutes ces âmes dans le même panier bien sûr. J’en veux pour preuve cette amie qui, faute de pouvoir se précipiter à mon chevet – ce qui était pourtant le but inavoué – m’adresse cette documentation.

 

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  La phytothérapie que ça s’appelle. Outre qu’à Paris les herboristes sont rares, je m’amuse de l’idée suivante, à savoir que si j’habitais au pied d’une montagne ou au milieu d’une lande désolée, je devrais me lever, m’habiller chaudement, saisir mon bâton, et tout chancelant de fièvre parcourir des kilomètres à la recherche de la plante miraculeuse. Autant chercher un trèfle à quatre feuilles dans une meule de foin je me comprends.

  D'autant que j'aperçois parmi ces plantes prétendument bénéfiques la grande et petite ciguë, le ricin, et l'ellébore blanc. En revanche, le chanvre et le pavot me sont plus familiers. A l'oreille tout à moins... 

  Reste le tabac. Je vais essayer le tabac. Qu'est-ce que je risque après tout?

 

 

                                                                                                                    (Brouillon daté du 14/01/2011)


 

 

28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 21:32

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Le Rafale est le meilleur avion du Monde, je l'ai toujours dit. Il vient de le prouver. 

 

                                                                                                           (Brouillon daté du 23/03/2011)

 

28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 21:29

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  Mes petits cailloux blancs s’ennuient, je ne les emmène plus promener. Bien qu’un peu lourds pour mes poches trouées nous étions pourtant devenus inséparables. C’est à eux par exemple que je devais de retrouver mon lit le soir, ça n’est pas rien.

  Aujourd’hui où je ne vais plus au bois comme au temps des lauriers, j’hésite entre rester au bord du chemin où l’on m’a laissé ou au contraire à me perdre au bout des ces chemins boueux dont parle le poète*. Car j’ai dans l’idée, depuis que j'arpente les routes de la Drôme, que c'est probablement au bord de ces chemins que je trouverai la mort. Après tout, c’est l’endroit idéal pour quelqu’un qui au vagabondage a toujours préféré l’enfermement.

  Rien n’est plus patient qu’un caillou blanc mais tout de même dites-leur de ne pas m'attendre. (Et même je vous les prête volontiers si vous en avez l’usage. Ils sont au bord du chemin voyez-vous. Merci de les remettre en place à votre retour.)


 

* "Moi d'abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j'ai jamais pu la sentir , je l'ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n'en finissent pas , ses maisons où les gens n'y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part."

Louis-Ferdinand Céline. Voyage au bout de la nuit.

 

                                                                                               (Brouillon daté du 28/06/2011)

 

 


27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 13:04

 

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  Il a hésité avant de venir s'asseoir à côté de moi, son fusil calé entre ses jambes. Il a essayé de me regarder, rapidement, mais sans y parvenir vraiment - de toute evidence, ses yeux blancs ne parvenaient plus à fabriquer un regard, ils semblaient fuir tout ce qui était vivant pour ne s’intéresser qu’à ce pourquoi il était là : tuer, et peut-être survivre aussi mais ce n’est pas sûr -, et il a fini par me dire, tout en vérifiant qu’il était encore là, du moins c’est l’impression que j’ai eue en voyant sa main parcourir presque distraitement ses jambes et ses bras, ses épaules : Toi, tu n’as pas une tête à finir sous les décombres.

 Je n’ai pas répondu.  Je n’étais pas sûre. C’est à peine si j’entendais des gens crier sous les ruines de ma maison. Incapable de dire s’il s’agissait de ma mère ou de la voisine, ou de mes frères, ou de mes sœurs. Ce genre de catastrophe vous donne la même voix, j'imagine, une voix unique, pareille à toutes celles des emmurés vivants. (Mon père était déjà mort depuis longtemps donc il n’était pas mort, ça m’a soulagée.)

  Il a continue. Et plus il parlait, plus je savais qu’il ne me parlait pas puisque j'étais plus là.

  … tu as de la famille dans le coin? … elle est jolie ta poupée… non, elle est pas jolie, elle est… non, elle est pas jolie… elle est… elle fait chier ta poupée… elle est habillée comme toi… Non, mais regarde-moi ça..vous allies à la messe ou quoi? … Tu aurais dû rester là-dessous… avec le reste de ta… une fois je suis resté coincé… j’ai craché de la boue pendant deux jours…

 Après je ne sais plus. A un moment il s’est arête. Il m’a paru hesiter puis il a pose ses deux mains sur le canon de son fusil, puis il a pose sont front sur le dos de sa main, et il n’a plus rien dit. Alors j’ai attend. Et puis, j’ai avancé ma main lentement, j’avais peur qu’il me surprenne. Mon doigt a enfin trouvé la détente. Sa tête a fait un petit bond en l’air avant de retomber en avant. Il s’est mis à pleuvoir du sang. Pas longtemps mais c’était comme un orage.

 

                                                                                             (Brouillon daté du 22/08/2012)

 

 


26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 22:50

 

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Depuis le temps que je suis assis là au bord du fleuve à guetter le cadavre de mon ennemi, j’ai fini par me poser un certain nombre de questions, en apparence assez simples, mais pas assez cependant pour que je sois en mesure d’y répondre, sans quoi je n’aurais évidemment pas pris la peine de me les poser publiquement, le propre d’une question publique étant de rester sans réponse, disons que c’est un genre, peut-être pas littéraire, si, non, mais un genre tout de même, je me comprends. 

 

A savoir : en ai-je seulement un d’ennemi? même un petit ? si petit qu’il m’aurait pour ainsi échappé ? (Ou au contraire il se serait agi d’un ennemi colossal mais dont le cadavre gigantesque aurait profité d’une nuit sans Lune pour me passer juste là sous le nez alors que je somnolais. Si colossal qu’il aurait naturellement coulé à pic au lieu de flotter le ventre à l’air comme ces innombrables bestiaux que j’ai vus défiler. (Mon ennemi juré serait-il un chien, un chat, un rat? Pour le chien, je ne dis pas, le chat non plus, j’en ai tellement persécutés, mais un rat, non, je n’ai pas souvenir d’avoir eu des mots.)

 

Ou bien : je n’ai pas d’ennemi. Tout simplement. Pas un. J’aurais réussi cet exploit de traverser cette odieuse vie sans provoquer la moindre hostilité de quiconque, ni d’une femme ni d’un commerçant, deux catégories qui n’en font en réalité qu’une, où il est facile de trouver matière à assassinat.

 

Voilà qui serait terrible : un homme digne de ce nom possède un ennemi au moins, ou plusieurs ennemis, ou c’est à désespérer de l’Humanité. 

 

 Si j'en ai un, sait-il nager? Assez adroitement pour éviter la noyade? Aurait-il coulé à pic ? Et en ce cas je l'attends là au fil de l'eau alors qu'il repose au fond. 

 

Hypothèse : j’ai un ennemi, un terrible, mais voilà qu’un courant tout à fait inhabituel aurait emporté sa dépouille loin en amont? Auquel cas j’attendrais au mauvais endroit ? Mon salaud m’attendant à la source ? 

 

(Un temps, hélas révolu, j’ai rêvé de gifler un policier, en grande tenue et en public, le plus sympathique, le plus bonhomme. Une torgnole à envoyer balader son képi à l’autre bout de la chaussée. Et j’aurais attendu. La mort bien sûr mais avec cette certitude enfin de m’être fait là un ennemi juré.)

 

(Hypothèse autre : je serais cocu et mon ennemi serait dans le placard, bien au chaud, ou au lit sachant que j’en ai pour un moment à attendre au bord de ce fleuve où je suis en train d’attraper la mort. Après tout, c’est peut-être moi l’ennemi d’un autre et je n’en sais rien. Il m’attend quelques centaines de mètres plus loin en faisant semblant de taquiner le goujon tout comme moi. Question : pourrais-je tirer quelque fierté à être l’ennemi d’un autre ? qui serait à même de me consoler de n’en avoir aucun ?) 

 

C’est désespérant.

 

Faire de moi mon propre ennemi, me foutre à l’eau et me contempler en train de faire la planche. 

 

 

                                                                          (Brouillon daté du 23-11-2012)

25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:34

 

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  Après s’être faite prier quelque temps, la raison, qui surgit chez les autres vers la septième année, lui est advenue sur le tard, pour ainsi dire à l’ancienneté. C’est donc avec l’âge, paradoxe plaisant si seulement l’heure était à la gaudriole, qu’il doit se résoudre à lâcher cette béquille qui l’aidait naguère à traverser le vide de ses journées, toutes occupées à courir après cette carotte qu’était l’apéritif du soir. A présent, c’est le bâton qu’il lui faudrait mais il ne s’estime plus en âge de recevoir la fessée, de se l’administrer encore moins.

  Quel substitut à la carotte ? Quel ersatz ? En attendant de le découvrir, il se tourne vers son oreiller dont il fait derechef sa Terre promise.

 

 

                                                                                                              (Brouillon daté du 04-11-2012)

 

 

 

 


Published by Dominique Chaussois - dans Chez lui (dans le désordre)
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 12:00

 

 

LA-BIO-AURORISEE 0813 Dominique CH. BLOG

 


       Depluloin s’en va, il est parti, c’est fini. Pour exister, il avait besoin d’un minimum d’insouciance. Insouciance n’est pas le mot. Depuis quelque temps, il causait, assez mal du reste, de tout et de n’importe quoi. Encore un peu et il divaguait. Il a estimé avoir fait son temps comme on dit. 

 

     Dans le meilleur des cas les vieux chevaux finissent au pré, dans le pire à la boucherie. Or le bougre était du genre à se laisser facilement abattre justement. Soit qu’il ait trop longtemps tiré la charrue, soit qu’il n’ait plus vu le monde si différent qu’un gigantesque et épouvantable foutoir des états d’âme. Tel que je le connais il a dû en être le premier surpris et peiné. Naguère encore, il ne voyait pas les choses ainsi. Vieux rêveur, gamin boiteux les mains pleines, c’est pas Dieu possible. 

 

    Bref, il a rendu son tablier de cuir et posé son marteau. Il vous salue très affectueusement - c’était un grand sensible, un incorrigible sentimental. Les mal armés ou sous-armés dans son genre sont un peu ridicules mais sincères en général. Ce qui lui fait une belle jambe.

 

      Dominique Chaussois devrait le remplacer. Mais pas tout de suite. Sera-t-il à la hauteur? Pas sûr. Nous verrons bien, vous verrez bien.

           

 

                   

                                                     (Texte de Dominique Chaussois - La Bio Autorisée 21 - 17/08/10)

 

                                                              


 

 

Dominique Chaussois nous a quittés cette semaine. Jeudi, il s'émerveillait de voir le soleil sur la neige. Je l'entends encore rigoler.

 

 

 

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