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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 17:47

 

viel-homme

 

  Curieuse impression ce matin, celle de me rencontrer à tous les coins de rues, puisqu’en y regardant mieux, les passants et moi-même avions tous la même tête, en l’occurrence la mienne, aucun doute là-dessus parce que je commence à la connaître cette bobine depuis le temps que je ne peux plus la voir en peinture. Bref, effet saisissant s’il en est.

  (D’autant plus que leur faciès, le mien donc, ne semblait pas les complexer outre mesure. Beaucoup, sinon la plupart, semblant s’en accommoder très bien, certains même paraissant se trouver à leur avantage ainsi affublés, à croire qu’ils ne s’étaient jamais regardés dans une glace.)

   Une fois l’effet saisi ou presque, car malgré une certaine habitude aux bizarreries qui m’échoient sans cesse, avec l’âge je réalise moins promptement à quelles étrangetés je suis à même d’être soumis d’un jour à l’autre, je me suis demandé par pure modestie si ce n’était pas moi plutôt qui avais la même tête que les autres, lesquels auraient eu tous la même tête qu’un autre, un inconnu, à qui ce genre de mésaventures arriverait aussi, alors qu’elles me sont d’ordinaire réservées. (Mais quelle belle prétention que voilà que de se croire unique face à la vie ordinaire.)

  Mais en réalité non : à force de me dévisager dans l’autre, j’ai bien fini par me reconnaître car je me connais un peu depuis le temps, puisqu’étant d’une beauté qui ne s’oublie pas facilement. (A ce sujet, celui de ma beauté, je possède, je le note au passage, nombre de témoignages tous écrits de ma main au cas où l’âge viendrait à me faire douter de la chose, de cette grâce naturelle qui émane sans conteste de ma jolie personne.)

  Les premières minutes, les premières heures soyons francs, furent assez plaisantes. Je ne cessais de me croiser, me souriant avec grande sympathie, me saluant de façon on ne peut plus courtoise. Puis ces moments d’exaltations passés, je finis par me rencontrer en premier communiant, puis en adolescent boutonneux, puis au bras d’une femme dont le visage ne me dit rien, bien que j’y reconnus quelques-uns de mes traits parmi les plus féminins, et, cerise sur le pompon du gâteau, en vieillard digne mais vilainement cassé en deux. Et enfin, autre cerise, pour un peu je me serais aperçu en mauvaise posture dans le corbillard qui passa fort à propos dans la rue.

  Fort à propos, parce que c’est à cet instant précis que je me réveillai, baignant dans mon urine et mes excréments, à demi asphyxié par mes vomissures. Signes évidents que j’avais rêvé. De quoi me rassurer : une nouvelle journée de cauchemar pouvait commencer, j’étais vivant, ne ressemblant qu’à moi-même, hélas pour moi, heureusement pour les autres.

 

 

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:01

 

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  C’était l’autre jour en pleine rue, ça m’a sauté aux yeux : la plupart des têtes ne vont pas sur leurs épaules. J’ai d’abord cru à un hasard, plutôt cocasse, qui aurait voulu que je ne croise que des gens mal foutus. Après tout ce sont des choses qui arrivent.

  Mais très vite, chemin faisant, j’ai dû me rendre à cette évidence : nombre de têtes n’ont rien à faire sur leurs épaules. Phénomène effrayant – que vous découvrirez à votre tour un jour ou l’autre, le plus tard possible, je vous le souhaite.

  Au point que j’ai dû me précipiter chez moi pour aller me planter devant mon miroir, celui qui me permet de me voir des pieds à la tête pour peu que je me tienne accroupi ou assis. Eh bien à moi aussi, ma tête ne me va pas. Toutes ces années à me croire à peu près proportionné et voilà que d’un coup d’un seul je m’aperçois qu’il me faudrait impérativement maigrir du crâne. Je me demande s’il existe des régimes appropriés à mon cas. Cesser de me prendre pour un astre peut-être, éviter les lectures trop savantes, ça c’est déjà fait, m’exercer à l’idiotie, déjà fait aussi. 

 

 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 12:48

 

MARS-2012 1823

 

  Il y a peu encore je croyais les bancs publics réservés exclusivement aux vieillards et aux désœuvrés[1]. S’asseoir là pour attendre Dieu sait quoi avait pour moi quelque chose de socialement dégradant. Sauf à tenter de se donner une contenance en faisant semblant de lire ou de dessiner, le message adressé me paraissait clair : Voyez, je suis là pour voir passer le temps car je n’ai rien de mieux à faire, je suis seul et inutile, encore heureux que la société me permette de me poser là quasiment gratuitement, je n’ai qu’à bien me tenir.

  Voilà très exactement ce que je pensais. Avoir si mauvais esprit est l’une de mes rares qualités car, la paresse aidant, je sais d’expérience que posséder un esprit étriqué permet de réfléchir plus vite, vu l’étroitesse de l’espace, et qu’ainsi les conclusions, toutes sujettes à caution mais qu’importe, arrivent d’autant plus rapidement, quel gain de temps avouez.

  Tout ceci, c’était avant. Du temps de ma jeunesse. Mais voilà que l’autre jour, je suis devenu vieux d’une seconde à l’autre : le temps de poser mes fesses sur l’un de ces bancs et ce avec un naturel et une aisance qui m'autorisent à penser que je devais être vieux bien avant cet acte fondateur. D’autant que contrairement à ce que je redoutais le choc psychologique n’a pas été si rude. A dire vrai, je me suis senti immédiatement à ma place. Il n’y a pas de mots, et je dois avouer que cela m’arrange, pour décrire l’état de béatitude, d’hébétude plutôt, qui s’empare de vous dès lors que vous vous posez sur un banc. Il ne se passe rien, c’est heureux, car l’on a vite fait de se désintéresser de tout, des pigeons, des passants, des enfants qui s’emploient à soulever la poussière, et c’est à peine si vous jetez un œil sur un collègue assis à quelques mètres de là, tout aussi abruti que vous qui débutez pourtant.




[1] Certes, on pourra toujours objecter que les amoureux les utilisent volontiers pour mieux se mentir. Mais la mode semble avoir passé. Aux bancs publics, ces voyous préfèrent les pelouses interdites où la position allongée autorise des mensonges plus énormes encore tout en favorisant certains attouchements.

 

 

 

 

 


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:56

 

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(François Matton)

 

Peut-être pas de sitôt mais bientôt !

(Et je vous embrasse !!)

 

 


 

 


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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 13:53

 

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   Je ne sais plus m’habiller. Ou plutôt je n’y arrive plus. J’ignorais que cette pratique somme tout banale pouvait s’oublier. D’autant que je ne sais plus me déshabiller non plus. Ce qui tendrait à  prouver que je parviens tout de même à enfiler quelques vêtements sur moi le matin, sinon pourquoi serais-je obligé de les ôter le soir ? Voilà qui est rassurant, je ne me promène pas tout à fait dévêtu. 



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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 11:05

 

douche

 

  La vie ne cesse de me gâter, elle me couvre de cadeaux que ça en devient gênant. L’autre jour, la surprise est venue de ma douche. Le mélangeur dont elle est équipée a soudain refusé de mélanger. Depuis, son pommeau délivre, de façon parfaitement égale et symétrique, une eau glacée d’un côté, bouillante de l’autre. L’effet est assez étrange, à ma connaissance inédit, et au final déplaisant. Assez pour me pourrir l’un des rares moments agréables de la journée qui en compte peu. (Si j’étais manchot, je pourrais même ajouter qu’ils se comptent sur les doigts d’une main.) J’ignore par quelle aberration de la nature ces deux eaux refusent aussi catégoriquement de se mêler. Sans doute devrais-je me pencher sur la mécanique des fluides mais me pencher m’ennuie. Ou plutôt m’inquiète. Par les temps qui courent, à trop me pencher, Dieu sait ce qui pourrait encore m’arriver.

 

 

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:41

 

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  Je vous l’accorde, je suis assez ridicule sur cette photo. D’autant qu’elle ne fait pas très vraie ma nouvelle chérie, qu’elle grandit tous les jours où je diminue, à moins que ce ne soit le contraire mais cela m’étonnerait.

  Et voyant nos ombres s’allonger au ciel, je comprends que nous nous éloignons. Sans doute n’étions-nous faits que pour nous croiser.

  L’un grandir, l’autre diminuer.

 

 


 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 14:49

2817504

 

   Jusque là j’avais été parfait. Je suis toujours parfait. Disons que jusqu’à ce là-là j’avais été plus que parfait : trois changements réussis sur trois. Un véritable exploit ferroviaire pour ce qui me concerne.

  Et puis voilà qu’au quatrième changement, consistant cette fois, à l’inverse du premier, à descendre du train pour monter dans un bus - ces voyages sont nerveusement épuisants -, voyez-vous pas que je rate ledit bus. (Après l’avoir attendu, petit détail, plus d’une heure et demie.)

  Ça c’est du ratage, ai-je alors pensé en le voyant filer sous mes yeux, bondissant gracieusement par-dessus les gendarmes couchés, petits sauts qui le faisaient se dandiner gaiement tandis qu’il disparaissait au loin avec des airs de coquette.

  Encore une heure et demie à compter les pigeons. A me poser des questions à leur sujet. Par exemple pourquoi certains se gavent à ce point de gravier ? Pour se lester peut-être? Car il me revient maintenant que le mistral soufflait fort alors, qui ajoutait au plaisir du voyage.

  Car ce fut un plaisir.


 

 

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 15:36

 

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Je le savais mais j'ai laissé dire. A entendre certains, il s'agissait d'une "daube". Sans l'avoir vu, j'ai toujours su qu'il n'en était rien. Parce que c'était tout simplement impossible.

 



"Exceptionnel!!!" (Depluloin. Jamais-de-la-vie.)

"Jouissif!!!" (Depluloin. Quelque part.)

"Du grand art. Le cinéma à l'état pur." (Depluloin. Grignan Libéré.)

 


 

 

 

 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 15:51

Go!

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(Trouvé chez Luc. L.)

 

   M’est avis que ce garçon ira loin. Jusqu'au bac à sable au moins. Mais pas plus bas que terre espérons.

  Son petit camarade en revanche, le bien emmitouflé, celui qui se cramponne bien comme il faut, lui aussi ira loin. Mais à quel prix? Celui de ne jamais s’envoler ? 

  Sans doute me trompé-je. Aussi bien ce sera exactement le contraire.

  Difficile de lire dans la vie des enfants.

 

 

 

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