Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 18:02



SILENCE 9966


         C’est en m’avançant d’un peu trop près que je suis tombé du bord.

         Du bord de mon toit.

         Un bord non négligeable, on en conviendra. Je dirais même que de tous les bords ou rebords, connus ou inconnus à ce jour, celui-ci me parut immédiatement le plus déplaisant et je ne suis pas près de changer d’avis là-dessus. Un instant, histoire de ne pas les mettre tous dans le même panier, je tentai d’énumérer tous les bords que j’eusse préférés à celui de mon toit, tel le bord de mer, le bord d’un lac, d’une rivière, d’un gouffre, d’une falaise. Je m’arrêtais là, assez rapidement donc, car il en existait sûrement d’autres, et non des moindres, notamment ceux à usage domestique dont on ne se méfie jamais assez, comme le bord de mon lit, de mon canapé, de mon lavabo, de ma baignoire, ainsi que tout autre bord en ma possession, constatant que tous les bords sont naturellement dangereux, celui que je venais de franchir tout particulièrement.

         Pourtant, comme c’est souvent le cas avec les considérations, celle-ci en amena une autre qui me fit tout à coup penser que je n’avais jamais eu de chance avec les bords, soit d’avoir toujours été un peu quelque chose sur les bords, comme con ou couillon, soit, quoique beaucoup plus épisodiquement, d’être au bord de. Comme au bord de réussir, d’être beau, d’être heureux, et j’en oublie sûrement car il me revient maintenant qu’il m’est arrivé tout aussi fréquemment d’être sur le point de. Finalement cette chute, ce passage obligé d’un bord à l’autre, car il y en avait forcément un autre, c’est du moins ce que je pensais à l’époque, était une sorte de réussite. C’est sans doute ce qui m’étonna le plus sur le moment : réussir enfin quelque chose, ce qui n’était jusqu’alors ni dans mes habitudes ni dans mes priorités. Il était cependant encore trop tôt pour que j’en éprouve quelque fierté, car l’autre bord, le deuxième, le plus déterminant quant à cette réussite et son éventuelle homologation, restait encore à venir. Pour ainsi dire à l’état de promesse. Et tel que je me connaissais, en fait assez vaguement et même fort peu, j’étais bien capable ne pas tenir celle-ci. Donc ne pas crier victoire trop tôt. Pour l’instant, je suis entre deux bords : demi échec ou demi réussite en ce qui concerne cette chute, laquelle est, je le rappelle pour mémoire, l’espace qui relie deux bords situés verticalement l’un en dessous de l’autre.

         J’aime expliquer les choses simples, ayant remarqué que j’y parvenais infiniment mieux qu’avec les complexes. Pourtant, à propos de l’exactitude de mes définitions, certains pourraient à bon droit s’étonner que je parle de “bord” en lieu et place du point qui possède cet indéniable avantage, à condition toutefois de s’y mettre à deux, de créer assez facilement une ligne droite. Mais c’est ainsi : j’ignore les points, leur préférant les bords, plus sinueux, et donc plus vagabonds quant à leur alignement.

         Mais enfin, tout de même, je tombe.


Repost 0
4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 17:40

La "Belle Époque"?


     Il y a des images qui m'attirent irrésistiblement. Plus précisément, celles où j'ai immédiatement envie d'aller m'y promener telle une petite souris. Prendre des photos, enregistrer les conversations...


LE-BAL 0978

     Des images que je découperais volontiers en  petits morceaux histoire de m'en faire plusieurs pour le prix d'une, d'autant que celle-ci comporte un beau manque...


LE-BAL 0979L'affaire semble bien engagée...


LE-BAL 0980
Ce petit bonhomme me rappelle quelqu'un... Depluloin lors de son premier bal?


LE-BAL 0981Reussir à faire des pointes chaussé pareillement!
Cet homme, soyons-en sûrs, est le meilleur danseur de tout le canton.


      Tout cela pour en arriver à ceci : cette aquarelle n'est pas signée et cela fait un bon moment déjà que je me creuse la tête pour en trouver l'auteur qui, j'en suis sûr, a un nom. Je veux dire : un nom connu. Si l'un d'entre vous pouvait me le souffler ce nom que j'ai sur le bout de la langue, de l'arrière-langue plutôt, du côté des amygdales...



Repost 0
Published by - dans images
commenter cet article
3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 18:22
Suite...


LARA-6 0953(Lara, ne tenant plus qu'à un fil)

        

         Cependant l’atmosphère était paisible. On aurait entendu voler une mouche. D’ailleurs, on les entendait. (Mais cette fois, me sembla-t-il, produisant comme une petite musique de nuit, et dans leur vol une grâce tout à fait inhabituelle, comme au ralenti, voluptueuses presque, esquissant, ou tentant d’esquisser peut-être, une sorte de ballet aérien.)

         Quelque peu désœuvré, craignant aussi pour ma bonne contenance, n’ayant surtout rien d’autre sous la main à feuilleter que ces vieilles revues lues et relues cent fois (revues issues de ces promotions où un abonnement gratuit est offert pour une durée de six mois, six mois durant lesquels on se surprend à espérer se cultiver un peu, devenir bon jardinier, bon cuisinier, fin connaisseur, mais cela cesse vite, très exactement à l’expiration de la promotion en question), j’entrepris d’observer son dos nu, d’y déchiffrer je ne sais quoi, comme on essaie de lire dans les pensées ou dans les lignes de la main, quelque chose qui m’en aurait dit long sur elle. Ou peut-être au vu de ces quelques centimètres carré de peau, ce projet, certes un peu osé, de l’imaginer tout entière, dans toute sa nudité ou simple appareil. (Un peu à la manière de ces spécialistes qui parviennent, à partir d’un simple bout d’os ou d’un vieux chicot, à reconstituer un mammouth tout entier au quart de poil prés.)

         Qu’essayais-je de déchiffrer sur son dos? Sûrement pas son passé ni son avenir, ni même le nôtre d’avenir, encore trop tôt pour ça, mais bien plus ce présent qui pour une fois semblait ne pas vouloir s’enfuir tout de suite, ce présent stupéfiant que consacrait sa propre présence, là, toute proche, si proche, si palpable cette présence qu’elle semblait m’envahir peu à peu au point de me rendre présent à mon tour, pour la première fois de ma vie peut-être, comme par contagion.

         Enfin, c’était un très beau dos, c’est en fait ce qui m’apparut en premier, avant toute autre tentative de déchiffrement : fin, gracieux, bien dessiné, presque musclé, recouvert par endroits d’un fin duvet comme il en vient aux enfants mâles ou femelles passé un certain âge. Je tentai une phrase comme: Votre dos me dit quelque chose mais... mais je ne trouvais pas la suite. Non pas qu’il ne me dise rien ce dos, bien au contraire il me soufflait des questions presque violentes. Plusieurs fois je fus même tenté par la morsure. Je m’abstins bien sûr. Non pas par crainte des conséquences qui eussent pu être fâcheuses mais pour la raison que ce tout premier soir-là je le préférais de loin ce dos à un face à face qui eut été trop violent : trop de bouches, trop de regards, trop de lèvres. Une lecture immédiate et sans mystère.

 

Repost 0
2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 18:25

... aussi les brevets


BREVETS-2 0940

     C'est une image bien sûr (cas de le dire). Je ne suis pas collectionneur. Mais l'idée toute romanesque qu'un type dans mon genre, qui n'a jamais réussi à décrocher le moindre diplôme, pas même son certificat d'études, m'est apparue assez plaisante. C'est surtout une occasion, à ne jamais rater, de verser une larme sur ces temps qu'on imagine meilleurs.
     La tradition voulait en effet que le soldat dessine et peigne lui-même son brevet. Restrictions budgétaires déjà?


BREVETS-2 0930

BREVETS-2 0929

BREVETS-2 0931

Il faut avouer que cela a tout de même plus de gueule que ceci :


BREVETS-2 0943

Mais même celui-ci je l'ai pas...






Repost 0
Published by - dans images
commenter cet article
1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:32

suite...

 

BELLES-MECANIQUES 0909

Lara en Espagne, lors de la Fête des Papillons

 

         La première nuit, nous avons dormi ensemble car elle avait quand même trouvé moyen de se tromper, désignant ma chambre étant comme la sienne et la sienne, celle d’amis, comme la mienne. En fait de chambre d’amis - puisque je n’en possède point : ni chambre, ni amis, ni chambre d’amis à fortiori -, elle avait désigné le salon, cette pièce dite principale où, en ce qui me concerne, il ne se passe principalement rien, et plus précisément le canapé, seul meuble avec le poste de télévision et une plante dite grasse mais d’une maigreur cadavérique puisque décédée depuis des années, qui auraient pu l’induire en erreur. (Car je ne voulais pas croire de sa part en une quelconque mauvaise foi ou, au contraire, vu l’état du canapé, lui concéder un certain goût pour le confort, ainsi qu’un attrait certain pour l’indépendance et ses aises.)

         A peine au lit elle s’est mise aussitôt à lire, joliment couchée sur le flanc, son livre ouvert sous la lampe de chevet, vu que l’ampoule n’est pas bien puissante, à peine de quoi constater qu’elle est allumée ou lire l’heure à mon réveil, ou encore, mais c’est tout juste, apercevoir mes pantoufles au pied du lit. Allongé derrière elle, j’avais une vue imprenable sur son dos. Ma présence à ses côtés ne semblait pas la troubler ni la déranger outre mesure, ni même lui suggérer son erreur. Au point que je me souviens d’avoir été pris d’un doute à cet instant : et si elle avait raison, si cette chambre qui était pourtant bien mienne était plutôt la sienne? Je regardais la décoration, qui ne décore pas grand chose à vrai dire, disons que ça fait habité. Non, c’était bien ma chambre qu’elle avait fait sienne, sur simple décision de sa part, par simple décret. (Peut-être une personne de haut rang?)

         Comme il ne se passait pas grand chose à part son dos et les pages de son livre, je fus pris d’un autre doute, moins furieux que le précédent mais tout de même. N’y tenant plus, je touchai un peu ses seins puis son sexe. Vous êtes bien une femme, lui dis-je alors, un peu au hasard et sur cette simple idée, assez répandue, que les femmes n’en possèdent pour ainsi dire pas, ou alors si bien caché, si bien perdu ou égaré quelque part entre leurs cuisses que c’est à peine si on peut le distinguer ou même y accéder. Oui, oui! fut sa réponse. Et ce fut tout. Quelques pages plus loin, après y avoir mûrement réfléchi, je me décidai: Et moi je suis un garçon. Silence. Raté pour l’électrochoc. Alors, un paragraphe plus loin, un très long paragraphe si j’ai bonne mémoire, peut-être même un chapitre : Oui, oui, vous êtes bien un garçon et je suis bien une fille. Ça alors, pensai-je, autant pour les chambres elle a pu se tromper lourdement mais pas pour nos sexes. Elle doit en connaître un sacré bout sur le rayon. Vous me faites confiance? Je veux dire sur le fait que je sois une fille pardon un garçon? Vous ne tenez pas à vérifier par vous-même en main propre comme je viens de le faire à l’instant pour vous? Oui, oui, Non, non. Cet échange entre nombre de phrases lues en silence.

         C’est à cet instant précis, si je ne me trompe, que j’ai compris qu’elle et moi allions bien nous entendre.




Repost 0
28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 18:25

Comment qu'il les roule!



     C'est étrange, ce n'est pas la première fois que je le surprends à s'attarder devant la glace de la salle de bains. Tout d'abord, je m'en suis effrayé : je redoutais qu'une vision aussi crue de son reflet, de la réalité en somme, ne pourrait que le perturber, le plonger dans la dépression voire même le désespoir. Au mieux, de provoquer une réflexion sur notre condition de mortel, réflexion toujours un peu pénible on le sait.


BELLES-MECANIQUES 0858

      Et puis ce matin, je me suis aperçu que monsieur se mirait avec quelque complaisance, prenant des poses gracieuses, un peu trop gracieuses d'après moi mais je suis sans doute mauvaise langue. Quoiqu'il en soit, il est évident que monsieur se trouvait tout à son avantage, pivotant sur lui-même devant la glace pour admirer la cambrure de ses reins, les puissance de son torse, et aussi ses petites fesses le polisson.


BELLES-MECANIQUES 0880

     Et rien, aucun détail de son anatomie, ne semblaient échapper à sa silencieuse contemplation. Mais, bien plus qu'un pitoyable narcissisme, j'ai fini par comprendre qu'il n'y avait, dans cette minutieuse inspection, qu'une formidable admiration pour le corps humain, mieux : un hommage manifeste à Dame nature ou au Grand Architecte - j'ignore sa religion ou s'il en pratique seulement une.


BELLES-MECANIQUES 0865
BELLES-MECANIQUES 0866

BELLES-MECANIQUES 0869

    Bref, cette fierté un peu coquette qu'il est maintenant capable d'éprouver pour sa personne reste pour moi source d'une grande joie car j'y vois les premiers signes d'une humanité naissante, ou plus exactement les prémices d'une résurrection possible.






Repost 0
27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 17:39
Suite...


sourires-d-enfants 0894(Larron, à l'époque de son service militaire)


         Je me souviens parfaitement de son arrivée qui eut lieu très exactement par un de ces beaux soirs. Et non par un de ces beaux jours ou beaux matins par où commencent en général les belles histoires. Quoiqu’il me revienne à l’instant que certaines de ces grandes arrivées, parmi les plus remarquables, eurent lieu en effet certains beaux soirs, où l’hiver, la tempête, et l’orage font rage. Donc, pour les belles arrivées, un beau jour ou un beau soir, peu importe, mais jamais dans le courant de la matinée où il y a le ménage et la lessive à s’occuper, et moins encore l’après-midi, consacré en ce qui me concerne à la sieste et à l’ennui.

         En revanche j’ignore encore, toujours à propos de ce fameux soir, pour quelle mystérieuse raison elle a accepté de me suivre, si je le lui ai seulement proposé, ou plutôt si ce n’est pas moi, à supposer qu’elle connaisse mon adresse, qui l’ai suivie jusque chez moi. Car tout de même je ne l’ai pas trouvée à m’attendre sur mon paillasson mais sûrement ailleurs un peu plus loin mais où? (Peut-être sur un autre paillasson, ce ne sont pas les paillassons qui manquent quand on y pense.) Nous nous serions invités mutuellement à nous suivre? L’un faisant le premier pas, l’autre le second, et ainsi de suite, le tout dans une sorte d’osmose dans la démarche et le choix de la trajectoire?

         Je me souviens qu’elle a dit avant même de poser son sac : Voici ma chambre et voici la vôtre! Manière de lui montrer que moi aussi je pouvais avoir de la conversation, j’ai aussitôt enchaîné - un tel sens de la répartie m’étonne encore aujourd’hui : Et voici la salle de bains et voici la cuisine! Le tout sans me tromper une seule fois, ce qui m’était évidemment plus facile me trouvant fort à propos à mon domicile. (Quoique de nos jours, cuisines et salles de bains se ressemblent au point qu’on pourrait s’y tromper, toutes aussi propres et rutilantes les unes que les autres qu’on s’y laverait ou y mangerait par terre, au choix, je parle bien sûr des cuisines et salles de bains “témoin”, celles des vitrines.) Mais enfin les présentations étaient faites, sauf pour nos noms et prénoms. On ne se présente jamais assez bien ni assez distinctement.

 

(à suivre)

 


Repost 0
26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 17:35

et n'ôtez jamais leurs photos du cadre où ils sourient


       Cela m'apprendra à vouloir ranger. Pas mon genre pourtant le rangement. Ces deux enfants - le plus âgés devait avoir dix-sept ou dix-huit ans - avaient en commun d'être des membres de ma famille et d'être morts à la guerre d'une balle en pleine tête. Deux guerres très différentes mais deux guerres déclarées. Une de perdue - et encore, rien n'est moins sûr. Une de gagnée.

img163
img162
       Non, je ne me serais sûrement pas attardé sur ces photos que je voyais  pour ainsi dire tous les jours chez mes parents si en les sortant de leur cadre (un cadre double en cuivre avec un petit vase en verre  en son milieu pour y glisser une fleur) je n'avais remarqué sur le tissu de soie qui recouvre les deux fonds comme une empreinte du visage du plus jeune. Une sorte de Saint-Suaire, authentique celui-là. Cela m'a arrêté parce qu'au moment où je me disais qu'il était temps que les morts rejoignent les albums de photos, l'un d'eux, mon petit frère, persistait à vouloir rester au grand jour. Je ne sais pas si vous le verrez ce fantôme que je crois apercevoir. Peut-être me fais-je de idées?

img161
img160

(Bon, ce billet n'est pas des plus gais et j'en suis désolé. Je me console en imaginant celui, absolument navrant, que je projetais de vous livrer aujourd'hui.)



Repost 0
25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 17:58

Le p'tit héritage


IMG 0850 Un parmi ses achats les plus cons : ce service à champagne. (Remarquez la poussière.)

 

         Il a “touché” un petit héritage. Petit ou moyen, il ne sait pas trop : avec toutes ces nouvelles monnaies il lui est impossible de s’en faire une idée précise. Face au notaire, il n’a osé aucune question, pressé de s’échapper de ce lieu malsain, avant que le premier clerc ne découvre une erreur, celle du bénéficiaire par exemple, s’empressant de signer, la honte au front, au bas des pages que l’on tourne pour lui, avec cette impression confuse de commettre un terrible péché voire de signer un pacte avec le diable. Il se dit tout en faisant des pâtés partout qu’il n’est point homme d’argent voilà tout mais au fond de lui-même le souvenir de cette vieille tante qu’il n’a jamais daignée visiter pas même à ses funérailles le tourmente.

 

         De retour chez lui, après la miction d’usage, il fait aussitôt la liste des courses les plus urgentes. A savoir :

 

- un couvercle pour sa casserole. Belle économie de gaz en perspective. (Achat intelligent, il souligne achat intelligent.)

- une poêle qui n’adhère pas (il se comprend).

- une éponge qui gratte d’un côté mais pas de l’autre.

 

         Il s’arrête là, stupéfait par la modestie de ses achats ou l’insondable pauvreté de son imagination. Pourtant, il reprend :

 

- un aspirateur, un professionnel, qui ne se cogne pas à toutes les portes comme les autres, et surtout muni d’un hublot par lequel on peut apercevoir les poussières piégées à jamais, saloperies, dans l’appareil.

 

         Là, il est un peu effrayé. Ne vient-il pas de se laisser emporter? Ça peut aller chercher dans les combien tout cela?

 

         Alors, partant vaillamment des anciens francs, il glisse vers les nouveaux avant de buter sur les euros. Les différentes conversions en francs suisses ou belges ne faisant qu’embrouiller les choses.


 

 

 

Repost 0
24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 17:38


Pas deux doutes, j'avais la vocation




img159.jpg


      Des phrases courtes, concises. Sujet, verbe, complément. Je n'irai pas jusqu'à me comparer à Mozart mais enfin tout de même, force est de constater que le style est déjà là. Et donc l'homme.


  Repères biographiques :

1962, j'ai dix ans. J'écris à mon père resté courageusement en Algérie puisqu'il s'y promenait le revolver à la ceinture. (Des rivalités sanglantes entre deux groupes FLN.)

Youyou (ou Youmbo) était notre chien. Il a fini ses jours là-bas, abandonné. (Cas de force majeure : mon père a dû tout laisser et s'échapper en chemise pour ne pas éveiller l'attention. Il est probable qu'il doit la vie aux pilotes d'Air France qui l'ont fait grimper clandestinement dans une Caravelle.)

Elizabeth, ma sœur aînée, à qui je donnais des cours d'allemand. J'ai mis le temps à comprendre que c'était sa façon de me faire travailler cette si belle langue. (Je pense n'avoir communiqué à mon père que les notes acceptables - par charité pour lui bien sûr.)

Tante Mague (pour Marguerite) était au mieux avec l'organiste du Vésinet ou du Pecq près de Paris. Je rêvais d'apprendre à jouer de l'orgue, et cette histoire de twist (le seul mot bien orthographié?) me consternait.

J'imagine que le post-scriptum - j'en étais friand - devait être d'une telle qualité que j'ai préféré le censurer.








Repost 0