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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 19:30

 

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  J’ai le cul bordé de nouilles figurez-vous, je vis entouré de femmes dont je n’ai pas l’usage et réciproquement. Réciproquement surtout. 

  La compagnie des femmes, je l’ai voulue, je l’ai eue, pas de quoi se plaindre donc, mais point trop n’en faut et, voilà au moins du nouveau dans ma vie, je me surprends maintenant à rechercher avidement celle des mâles qui sont étrangement peu nombreux dans le secteur. 

  Pour vous dire, je n’en ai aperçu qu’un jusqu’ici, un seul, après qui je cours dès que je l’aperçois au loin chevauchant son tracteur. Au début, il me jetait des pierres pour m’éloigner mais je me suis obstiné et depuis il nous arrive de bavarder un peu. Oh pas longtemps - mes histoires de ménopause et d’hormones ne semblant pas l’intéresser, comme je le comprends -, mais assez pour penser que je m’en suis fait un ami sans e, que la Terre n’est pas seulement peuplée de femelles, et qu’en conséquence l’humanité n’est pas menacée d’extinction, du moins pas encore mais faut-il s'en réjouir autre débat.

 

 

 

 


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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 18:24

 

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  Nous avons tous assisté, du moins au cinéma, à cette scène cocasse dans laquelle le bel amant, aussi nu bien sûr que possible, se retrouve solidement ligoté aux montants du lit après que sa partenaire a eu cette idée lumineuse d’ajouter par là un peu de piment à leurs ébats .

  C'est alors, on ne s’y attendait pas ou on faisait semblant, que surgit l’impondérable : l’arrivée inopinée du ou de la légitime, de la belle-mère, du plombier, de la police, etc. Ou encore, on réalise soudain que la belle avait prémédité son coup et se venge en plantant là l’imbécile, dans cette situation tout à fait déplaisante si elle devait durer, et en général elle dure, le temps au moins de faire la blague. 

   Eh bien à moi, merci Saint Depluloin, ça n’est jamais arrivé.

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 18:12

 

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  Sa compagne du moment ayant exprimé l’ardent désir ou plutôt la ferme volonté d’avoir avec lui des rapports contre nature («contre», on ne voit pas bien ce qui pourrait être ici reproché à la nature, d’une façon générale tout d’abord, en ce qui concerne le sphincter ensuite qui demeure pour ainsi dire une petite merveille de technologie on n’a pas idée), on retrouve notre Depluloin* poussant la porte d’une pharmacie où il n’a pas ses habitudes - l’on en comprendra très vite la raison -, chargé d’une mission si délicate qu’elle n’est pas sans lui rappeler cette fois lointaine où seul son courage à deux mains lui avait permis de négocier sans syncope ni malaise particulier l’achat de son premier préservatif.

   Depluloin patiente un peu puis, croyant à un sourire de la chance, s’avance bravement vers le pharmacien-chef qui est fort à propos de race masculine.

 - Bonjour monsieur. Auriez-vous des poires à lavement?

 - Bien sûr. Rectal ou vaginal?

 - Pardon ?

 - Rectal ou vaginal?

- C’est à dire... Accordez-moi un instant je me renseigne.

  Malgré un certain réchauffement de son sang froid, Depluloin garde cependant assez de maîtrise de soi pour sortir son téléphone portable et faire mine d’engager une conversation avec l’horloge parlante. Ce qui donne à peu près ceci :

- Chérie, c’est moi. Dis-moi, la machine en question là... Rectale ou vagi... Ah? Très bien ! ... Moi aussi je t’aime. A tout de suite. Oui moi aussi j’ai hâte. Non, c’est toi qui raccroche la première ! .... Non, c’est toi ! ... Bon, je raccroche !

  (Il était comme ça Depluloin, tout amour.)

  Notre héros, donc, raccroche le premier. L’horloge selon toute vraisemblance en second. Puis, se tournant vers le mâle pharmacien :

- Rectal ! Pardonnez-moi, cela m’était sorti de l’esprit. 

- Rectal. Je reviens...

  Il revient en effet avec l’outil qu’il extrait d’un emballage sans doute conçu avant la deuxième guerre mondiale vu la sobriété du dessin et la qualité du carton. Consciencieux à l’excès, il en étale méticuleusement les différents composants devant son client. A savoir : primo la poire elle-même, secundo deux canules l’une destinée à un usage, l’autre à l’autre. 

- Et si vous avez un doute, lisez donc le mode d’emploi. Ce sera tout ?

  Non, visiblement non, car cette fois le sang-froid de Depluloin s’échauffe pour de bon, lui empourprant le visage au passage.

- Ce sera tout? Vous plaisantez ? Vous n’avez eu de cesse que d’insister lourdement, sans discrétion aucune, sur l’usage que je projetais de faire de cette poire à lavement. Et je m’aperçois qu’elle a été conçue, que dis-je pensée, pour un double usage, le lavement rectal et, j’insiste sur le «et», et le lavement vaginal. Alors je vous pose la question : Pourquoi ? Pourquoi tant de manières ? Pour m’humilier ? Me donner mauvaise conscience ? Apprenez cher Monsieur que je m’apprête de ce pas à honorer ma femme de la façon la plus dépravée qui soit, même que ça me colle dès à présent la trique ! Ça vous ira comme ça ? Et toi la vioque, tu veux ma photo ? 

- Mais Monsieur, mais Monsieur !!

- Mais Monsieur rien du tout ! Combien vous dois-je ? Ah j’oubliais ! Et un tube de lubrifiant, et du meilleur ! Madame débute. 

- Tout de suite, Monsieur. Tout de suite !

  Cette histoire ne mériterait certainement pas d’être rapportée ici, ni ailleurs, si elle n’avait constitué comme une sorte de tournant dans la vie de Depluloin : cette brève altercation avec ce pharmacien lui procura en effet assez d’assurance pour qu'il cesse de s’excuser ou de demander pardon aux commerçants pendant une année au moins. 

 

 

* Pour des raisons évidentes, tous les noms ont été changés. 

 

 

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 16:36

 

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  Porte de la Chapelle, au plafond des années sixtines, Dieu créa le caméléon sous acide. (C'est Dieu qui était sous acide mais son invention aussi quand on sait ce qu'il advient des enfants de parents irresponsables.)

  Et moi je reprendrais bien un p'tit morceau de buvard.

 

 

 

La Direction vous présente ses plus plates excuses pour ce billet pour le moins... Depluloin ?! Vous en reste de la colle?!

 



 

 

 

 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:59

 

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- Suivante !

 

 

(à suivre)

 


 


 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 12:04

 

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Copyright Lee Jeffries

 

 

  Debout au petit matin ce jour-là, j'étais jeune alors, dans un état, et dehors, ma mère pendue à la fenêtre en chemise de nuit pleurant et gesticulant. Beau matin frais, clair trop tôt comme si souvent, mais alors dans un état, très violent.

 

Samuel Beckett. Têtes-Mortes. Editions de Minuit.

 

 

 

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:39

 

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  Merde alors. Un instant d'inattention, un seul, et voilà que j'ai déjà oublié les règles du jeu. Je n'aurais pas dû bâiller. (Chez moi, un bâillement intempestif peut me faire oublier jusqu'à mon nom, ce pendant une demie minute au moins.) S'il s'agit bien d'un jeu car je doute que l'on puisse s'amuser avec ce petit tas d'aiguilles à tricoter. Sauf à tricoter bien sûr mais tricoter ne me semble pas non plus l'activité la plus ludique qui soit sauf peut-être à utiliser un fil invisible pour confectionner quelque chose d'invisible comme une écharpe ou une paire de chaussettes invisibles. Ça se serait drôle. 

 

  Il ne s'agit pas de baguettes chinoises puisque je n'aperçois pas de bol de riz.

 

  Ni de coton tige car pas trace d'ouate aux extrémités.

 

  Ni d'allumettes n'ayant réussi à mettre le feu nulle part.

 

  A mon avis, et quelques bâillements plus tard, je penche pour une collection de cure-dents. Car si se curer les dents ne peut pas à proprement parler être assimilé à un jeu, même solitaire, il peut très bien en revanche constituer une sorte de passe-temps. A condition d'avoir mâché quelque chose de solide au cours des deux ou trois semaines précédentes, ce qui n'est pas mon cas. Donc, pour le curetage on repassera.

 

  Allez, encore une heure ou deux de réflexion et je me lance dans l'auto-acuponcture. Qui sait, ce jeu consiste peut-être à jouer au docteur. 

 

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 11:08

 

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                                                                                      Copyright Waclaw Wantuch

 

 

  Ce que je regarde d'abord chez une femme ce sont ses yeux où il se peut que je trouve un regard. Puis son nez, sa bouche, ses oreilles. Enfin son visage où normalement toutes ces belles choses sont rassemblées à leur place. 

 

  Puis sa gorge, son cou et sa base, avec ces fines attaches en apparence si fragiles qui font que la femme garde la tête sur les épaules. 

 

  (Parfois ses pieds mais en réalité ce sont le bout de mes chaussures que je fixe, mon index enfoncé dans l'oreille.)

 

  Puis, le cas échéant, son sourire si elle daigne et aussi quelque chose dans le regard qui indiquerait Dieu sait quoi. C'est cette partie de ma contemplation qui s'avère la plus délicate car je ne sais pas, ou plutôt je ne peux pas regarder une femme en face (une femme mais aussi un homme, un chien, un cheval), ce qui m'oblige à procéder par balayage un peu à la façon d'un radar et me donne l'air inquiétant de ces fous qui dodelinent sans cesse en roulant les yeux. 

 

  Puis ses cheveux, leur couleur, leur reflet. Puis ses dents quand elle en a, je veux dire quand elles sont visibles car elles ne le sont pas toujours, sauf déformation, et pour cela il faut donc qu'elle me sourit, ce qui est rare, ou qu'elle baille, quand je lui lis un de mes poèmes par exemple. 

 

  Après, de nouveau les yeux dont j'ai déjà oublié la couleur. 

 

  Après. Après rien.

 

  Après j'en ai marre, je vais jouer avec mon train électrique.

 

 

 

 

 

 

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 19:02

 

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  Sur la fin, on a prétendu que grand-père perdait un peu la tête. Plus élégante, manière aussi de tempérer ce diagnostic, ma mère préférait dire qu'il retombait en enfance. Mais pour moi qui venait à grand peine d'en sortir, cette rechute n'avait rien de rassurant, me semblait même une catastrophe autrement plus grave que de perdre la boule.

 

  Et pourtant, ne serait-ce que pour son superbe costume de chef indien, je l'aurais volontiers convié à venir se faire massacrer au fond du jardin, par David Crockett en personne, dont le déguisement, quoi qu'un peu juste à présent, m'allait encore assez bien. Car nul doute que, le sens de l'Histoire aidant, j'aurais eu forcément le dessus et que grand-père serait mort debout, comme un brave, le tomahawk à la main. Au lieu de quoi, il a rendu l'âme paisiblement dans son lit déguisé en déporté.

 

  C'est du moins l'air que je lui trouvais dans son beau pyjama à rayures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:25

 

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  Désespérant voir un jour son fils s'intéresser aux choses les plus ordinaires de ce monde, mon père décida, sur les conseils d'un célèbre pédagogue, un jésuite je crois bien, de m'initier à l'art de la photographie. Art dans lequel il n'excellait pas tant vu l'impressionnante collection de cathédrales, chapelles, ruines romaines, et autres monuments que contenaient ses albums. Autant de sujets qui n'ont jamais provoqué chez moi ni chez quiconque d'ailleurs la moindre émotion esthétique.

  Néanmoins, c'est indéniable, il possédait une technique sûre, quasi scientifique, dont je profitais du mieux que je pus. C'est alors que, estimant mon bagage suffisant et pressé de me voir décamper, il me confia son propre matériel, à savoir un vieux Zeiss à soufflet et un trépied télescopique aux jambes si fluettes qu'il se mettait à tanguer dangereusement au moindre courant d'air.

  Ainsi équipé (il ne manquait que la pellicule mais de cela je ne m'en aperçus que bien plus tard), il m'envoya en reportage avec mission de ne réapparaître qu'une fois couvert de gloire. Je le lui promis. Sur le pas de la porte, il m'adressa ce dernier conseil, la main paternellement posée sur mon épaule : "Le secret d'une bonne photo, mon fils, c'est de savoir attendre."

  Et depuis j'attends.

 

 

 


 

 

 

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