L’homme s’adapte, moi pareil. Force de l’habitude ou quoi, lorsque l’envie de piquer un petit somme me fait ciller – en réalité je dis alors, et de préférence, que je parpelège, sans savoir si le mot est tout à fait approprié, qu’importe, il rime chichement avec « rêve » et c’est beau. Dès lors que nous parpelégeons donc, nous savons nous faire comme une nuit américaine assez convenable ma foi - notre foi pardon -, pour nous assoupir debout face à notre destin incertain mais cependant tout tracé. (Voir plus bas le même jour de jour.)
Paradoxe, la nuit américaine possède cet inconvénient d’exiger pour son obscurité un jour de grand soleil. Elle est une nuit sans autre étoile. (Mais conserve cependant cet avantage, déterminant à nos yeux, en cas de sommeil léger ou de réveil brutal, de pouvoir constater immédiatement où l’on en est : au même point.)