les oreilles bien dégagées
Une mienne amie... une mienne mie... une mie mienne... une mie à moi... Je recommence. Une mienne amie m’a confisqué ma boîte de coton-tiges (ou cure-oreilles, ou bâtonnets à portugaises, ou...) sous prétexte que l’instrument serait extrêmement dangereux pour les tympans. Il n’empêche, depuis j’entends moins bien. J’ai donc essayé un spray vendu en pharmacie. Je vous en déconseille l’usage. Outre un violent vertige qui m’a fait tanguer un bon moment à travers tout le quartier - à neuf heures du matin l’effet est désastreux pour sûr -, une otite fort douloureuse car j’avais oublié de réchauffer préalablement le flacon entre mes mains comme recommandé dans la notice, mon oreille a coulé toute la journée à croire que j’avais réussi à m’injecter des litres d’eau dans le cerveau.
Fouillant dans mes souvenirs, je me suis alors tourné vers cette méthode asiatique, pratiquée à Bombay mais aussi probablement alentour. Je vous la déconseille tout aussi vivement, sinon plus. Car elle consiste cette méthode ancestrale à la con à s’enfoncer une feuille de papier à cigarette dans chaque oreille puis allumer, la chaleur étant censée faire fondre la cire - pardon, je sais, c’est dégoûtant - que l’on n’a plus alors qu’à essuyer avec un mouchoir ou un linge propre. Dans mon cas, peut-être le manque de pratique, je n’ai réussi qu’à me cramer les deux oreilles et m’enflammer une part non négligeable de mon opulente chevelure (qui fait que je ressemble un peu à un iroquois mais par chance c’est parait-il à la mode).
En désespoir de cause, j’ai donc fini par acheter ce matériel professionnel, d’occasion bien sûr, dans l’une de ces boutiques sises autour de la Faculté de médecine. Du sérieux, du solide, du garanti. Qui plus est, je me suis rendu compte à l’usage que certains de ces instruments pouvaient faire double voire triple emploi. Je suis gagnant-gagnant comme disent les.
Quel ennui.
Poursuivons. Dans la même veine. Quoi qu’il en soit j’entends mieux, beaucoup mieux maintenant, depuis que je ne cherche plus à entendre, depuis que j’ai découvert que je pouvais augmenter à loisir le volume sonore de ma radio, depuis que, dès lors que, après avoir mis mon téléphone sur mode “vibreur”, il n’y avait rien à entendre ni à écouter.