«Le monde court à sa perte, je le suis en traînant les pieds.» Un livre qui peut s’offrir un tel incipit ne peut pas être un mauvais livre, impossible, il a au contraire toutes les chances d’en être un très excellent.
(Du temps que je flânais, courant l’aventure des libraires à la recherche d’un livre mais surtout d’un auteur, encore inconnu de moi, il en existait beaucoup, l’incipit était en quelque sorte le juge de paix qui décidait de la suite : savoir si oui ou non j’allais daigner (!) feuilleter l’ouvrage, le sonder quelques minutes, lire ici ou là (là : souvent les dernières phrases, celles qui vous mettent pour de bon dans les cordes en vous laissant sur le carreau de la lecture.)
L’Automne Zéro Neuf est le troisième opus - terme qui convient à merveille -de Didier da Silva. Le quatrième en réalité, avec Une Petite Forme (P.O.L.) en collaboration avec François Matton, ou le troisième et demi, je ne sais pas quelles sont les normes dans ces cas-là.
On ne présente plus Didier da Silva, j’avoue que ça m’arrange bien. (Ces gens de la télé, tant décriés dans certains cercles, ne sont pas si bêtes avec leurs petits trucs à eux. L’on aurait beaucoup à apprendre de ces beaux esprits, m’est avis.)
Pour être encore plus franc, vue la complexité, la finesse, et la subtilité de l’analyse qui va suivre, l’abondance des références à l’œuvre antérieure, ce qui m’arrangerait encore bien plus c’est que vous commenciez par lire, si ce n’est déjà fait, les précédents livres de Didier da Silva.
A savoir :

J’attendrai le temps qu’il faudra.
(à suivre...)