Jusque là j’avais été parfait. Je suis toujours parfait. Disons que jusqu’à ce là-là j’avais été plus que parfait : trois changements réussis sur trois. Un véritable exploit ferroviaire pour ce qui me concerne.
Et puis voilà qu’au quatrième changement, consistant cette fois, à l’inverse du premier, à descendre du train pour monter dans un bus - ces voyages sont nerveusement épuisants -, voyez-vous pas que je rate ledit bus. (Après l’avoir attendu, petit détail, plus d’une heure et demie.)
Ça c’est du ratage, ai-je alors pensé en le voyant filer sous mes yeux, bondissant gracieusement par-dessus les gendarmes couchés, petits sauts qui le faisaient se dandiner gaiement tandis qu’il disparaissait au loin avec des airs de coquette.
Encore une heure et demie à compter les pigeons. A me poser des questions à leur sujet. Par exemple pourquoi certains se gavent à ce point de gravier ? Pour se lester peut-être? Car il me revient maintenant que le mistral soufflait fort alors, qui ajoutait au plaisir du voyage.
Car ce fut un plaisir.