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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 18:28

 

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   Chacun d’entre nous j'imagine a été surpris un jour ou l'autre en scrutant des négatifs de photos de famille ou autres. Visages soudain méconnaissables, déformés, yeux vides, cortège de fantômes…

  On feint d’abord de s’en amuser ou d’en rire mais la brutale réalité de cette métamorphose met évidemment mal à l’aise, quand elle n’est pas tout simplement terrifiante. Et pourtant, ce négatif reste bien l’empreinte exacte, chimique certes, de ces visages familiers, aimés.

  Comme une radiographie - autre horreur - donne bien la réalité de notre corps. Difficile de nier que ce squelette soit bien le nôtre. L’image de la mort, pour dire les choses, est là, très exactement, sous nos yeux. (Sans doute l’image numérique - médicale surtout - est venue atténuer la crudité ou l’obscénité de ces révélateurs.)

  Cette petite réflexion, assez légère, sur le négatif n’est certes pas nouvelle. Elle reste pour moi une image simple et limpide de la dialectique négative. Ne m’arrêtez pas si je me trompe, je n’ai pas fini.


  (Puisque ici, à l’origine, elle, cette réflexion sur l’image, devait être le début du commencement d’une très modeste réflexion sur la haine d’un point de vue psychanalytique. Mais le format d’un billet ne s’y prêtant guère, je préfère vous laisser admirer mon bel arrosoir fluo, vous n’aurez pas tout perdu... espérons!)

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 16:59

Le "vieux".


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Il a trente ans, vieux guerrier déjà.

Douze ans déjà qu’il évite les balles. Qu’elles l’évitent. Une chance dont il sait le fin mot.

Il était là avant. Bien avant et pour toujours.

 

Sa tête pleine de fracas qu’il tait. Son silence, une bataille sans fin.

Ses yeux clairs qui voient rouge.

 

De lui ils ne disent plus l’Ancien mais le Vieux.

Ces regards qui lui demandent sans cesse s’ils vont vivre encore.

Car il connaît aussi ce secret : qui de ses hommes vont vivre ou mourir.

 

Depuis qu’il a tué, il tue. Il délivre les mourants et achève les blessés.

Droit de vie, devoir de mort.

Ces cigarettes allumées glissées entre les lèvres blanches, amies ou ennemies.

Depuis longtemps, depuis toujours, le sang a la couleur de la boue.

 

Il n’a pas défait son sac. Il n’est jamais retourné chez lui. Sachant que ses fantômes l’y auraient suivi, que certains l’y attendaient. Pour trouver la paix des étoiles il n’a pour lui que son ciel de fureur. Ne le quittera plus désormais.

 

Il est vieux, n’a plus d’âge. Là bien avant.

Il sait qu’un autre guerrier est né ailleurs. Son frère, son assassin.

Il sait qu’un jour il sera fatigué. Il ne courra plus, allongeant simplement le pas.

Et qu’alors il sera libre, superbe et magnifique.

 

Demain peut-être, ou cette nuit, il ne se jettera plus à l’abri des ombres. Il oubliera de se baisser. Il avancera à peine courbé. La tête relevée.

 

Il sait comment tombent les morts. Il sait lorsqu’elle a frappé. Un tas de chiffons s’effondre, s’essouffle, dégonflé.

 

Il sait qu’alors un autre le couchera dans le repos. Qu’il lui soulèvera la tête pour la poser sur son sac. Un autre fermera ses yeux aveugles.

 

Son âme par ses lèvres grises, majestueuse, secrète.

 

Soleil est mort. Soleil est mort.

 

 

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 18:03

le cercle des bandits (1)

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      Disposant depuis peu de quelque loisir (par la force de l’ordre des choses, n’étant pas par nature et névrose réunies homme bien disposé aux loisirs), je m’accorde du bon temps et des audaces que je n’aurais pas eues auparavant : je m’aventure.

    Et, mieux encore (ou pire), au lieu de marcher en regardant le bout de mes chaussures comme je le fais d’habitude, cette manie de vérifier de visu que je pose bien un pied devant l’autre, tout en prenant garde de ne pas mordre sur les joints de ciment séparant entre elles les dalles du trottoir - ce qui m’obligerait sitôt à rebrousser chemin jusqu’à ma porte pour repartir du bon pied -, le tout en me répétant inlassablement et de mémoire la raison exacte de ma sortie, de ce plongeon insensé dans l’inconnu (c’est à dire, soit la liste des courses, soit le rendez-vous - chez qui? à quelle heure? pour y faire quoi?), je me surprends à observer des faits et des gestes, j’allais dire de mes semblables mais ce serait très exagéré car je ne leur ressemble guère hélas à mes semblables et pourtant combien j’aimerais. Dissemblables donc auxquels je ne prêtais guère attention auparavant trop occupé par tous les soucis énumérés plus haut afférents à ma déambulation.

    Et j’en découvre des merveilles donc. Que vous ne soupçonnez même pas je suis sûr, c’est impossible. Celle de ces merveilles qui m’a le plus enchanté et à laquelle je ne me lasse pas d’assister depuis maintenant quelques mois c’est le prodige suivant. Laissez-moi vous le narrer dans le détail, ça en vaut la peine.

   Un jour donc, oui c’était bien ce jour-là, au détour d’une rue, je surprends une femme qui semble en pleine conversation avec une machine encastrée dans le mur d’un immeuble. La chose en elle-même ne me surprend guère, m’adressant moi-même quotidiennement à mes machines, toujours en privé cependant jamais en public (Aujourd’hui, tu vas bien laver mon linge, mieux qu’hier si possible! ou Ce soir, j’aimerais bien que tu me projettes un beau film en couleurs avec des princesses et des fées!). M’approchant discrètement (le trottoir bitumé à cet endroit m’autorisant tous les entrechats nécessaire à ce style d’approche), je la vois pianoter sur un petit clavier, presser quelques boutons, avant de s’arrêter pour attendre Dieu sait quoi. Et soudain, dans un claquement sec, voilà que la machine lui tend si je puis dire une petite liasse de billets de banque : soixante ou quatre-vingt euros au moins. Stupéfait, heureux pour elle, je la félicite chaleureusement, j’en aurais presque battu des mains. Pourtant, elle me considère soudain d’un œil bizarre, presque méchant. Je lui demande combien elle a gagné exactement, si moi aussi je peux jouer, quelles sont les règles, etc. Elle hausse les épaules et s’en va. Les gens! Une fois seul, je considère la machine, je sais que le jeu peut mener à la ruine mais je passe outre et tente plusieurs fois ma chance. Sans succès, date de naissance, numéro de sécurité sociale, tout y passe. Je m’apprête à faire confiance au hasard puisque de toute évidence il s’agit d’un jeu de hasard lorsqu’un étudiant me demande si j’ai pas bientôt fini de jouer avec la machine. Sur un ton assuré qui me fait aussitôt plier : lui doit connaître les règles. Et en effet, il gagne en moins de trente secondes quinze euros. Gain plus modeste que le précédent mais par les temps qui courent.

     Et je reste là une partie de la journée jusqu’à ce que la police vienne me chercher. Plus tard, libéré de l’hôpital, leçon bien retenue, je continuais pourtant à passer le temps en observant, de plus loin cette fois, à distance respectueuse, ces gens pour qui l’argent n’est pas un problème. Je suis altruiste, que l’argent coule à flots pour les autres ne me rend ni jaloux ni envieux. Au contraire, je me dis que nous vivons dans un monde formidable et généreux semblable à une jungle où il suffirait de tendre la main pour cueillir un fruit délicieux. 

 

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 17:57

Ma nouvelle maison

 

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(N'y voyez pas malice de ma part : il se trouve que je n'ai pas trouvé mieux que cette école, voilà tout!)

 

    Ma nouvelle maison est très bien, rien à dire.

    Elle doit être équipée d’un toit puisque, quand il pleut dehors, je suis moins mouillé dedans que dehors. Et quand il ne pleut pas, c’est pareil dedans que dehors.

    Elle est pleine de fous, c’est une maison de fous, mais ça m’est égal : je fais comme si de rien : je m’occupe de mon côté à l’abri des regards grâce à mon parapluie que j’ouvre ou replie selon les circonstances. C’est un parapluie très chic que je tiens de mon père puisqu’il s’agit d’un parapluie d’homme et que mon papa était un homme. Il lui manque cependant un petit quelque chose à ce parapluie, un toit par exemple car je suis mouillé dessous quand il pleut.

   Malgré tout, je préfère me tenir dehors sous la pluie, à l’abri de mon parapluie et des regards, que dedans. Dehors, qu’il pleuve à verse ou pas, il y a toujours autant de monde, à croire que tous ces beaux esprits ne savent pas distinguer la pluie du beau temps - moins cependant qu’à l’intérieur où prédomine toujours cette impression qu’il y a toujours trop de monde, sans doute à cause de ces murs qu’on ne peut pas pousser ou si peu que la marge est tout à fait négligeable.

    De ce côté-là où je m’occupe, donc. Par exemple, j’arrose mon arbre deux fois pas jour mais je ne lui parle pas parce que je ne trouve rien à lui dire. Les autres se moquent de moi, disent qu’on n’arrose pas les arbres, surtout ceux qui sont morts. Je les laisse dire. Mon arbre, je ne l’ai pas choisi au hasard, je sais qu’il va revivre. Au printemps par exemple, je suis à peu près certain qu’il va redonner quelques petites feuilles, ce sera le début de sa résurrection. Nous sommes au début de l’hiver je crois bien, j’en ai donc encore pour quelques petits mois à le choyer.

    Il y a beaucoup d’autres arbres morts autour de lui, c’en est même sinistre parfois. (Il y a bien quelques sapins au loin, toute une rangée, vivants eux : leurs branches sont vertes mais pas d’un beau. Les jours de grisailles, fréquents par ici, elles deviennent lourdes et noires. Et alors la rangée semble dressée comme un rempart absolu où veille une armée fantôme de tuniques obscures.)

    Mon arbre une fois sauvé, je ne sais pas à quoi je m’occuperai. J’évite de me poser la question bien qu’elle revienne sans cesse à mesure que l’air se fait plus doux. Je pense peut-être lui arracher ses feuilles, une à une, comme je faisais avant avec les ailes des mouches. Je verrai alors à partir de quel moment il ne peut plus agiter ses branches, qu’il ne peut plus que sautiller sur place sans jamais plus pouvoir s’envoler.

 

 

Sources et iconographie :

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:03

Passe ton enfance d'abord

 

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Famille, probablement la famille de Jean Gerritsz. 1638. Anonyme. (Voir aussi plus bas)

 

   Réussir son enfance, gamin, c’est le secret. Une fois réussie, brillamment si possible ou juste un peu au-dessus de la moyenne, le reste vient tout seul. Pas rien qu’une formalité, non, c’est un peu plus que ça quand même. Tout de suite toi !

    Une suite de petites et grandes choses à accomplir les doigts dans le nez - c’est une image, gamin, retire-le ton doigt ou j’t’en colle une! - et te voilà rendu, gamin. Rendu ou presque. (Mais tu n’as pas à savoir certaines choses, tu ne dois pas savoir, ce ne serait plus une surprise sinon, t’es d’accord ?)

    Avant, il te faudra lâcher des mains. La grande, celle de ton père, l’autre grande, celle de ta mère. Tu chercheras d’autres mains. Tu en trouveras, gamin. Tous les gens ont deux mains, sauf exception.

    Et puis tu auras une autre maman, celle de tes enfants, avec qui tu auras joué au docteur, ce sera permis cette fois polisson. Je ne t’en dis pas plus, gamin. (J’ai hâte d’avoir ton âge, gamin. Pour ne plus entendre les conseils ni en donner, comme je le fais pour toi qui n'écoutes pas.)

   L’enfance d’abord. Prends ton temps, celui qu’il faut. Prends ton temps. Ne cours pas mais ne t’attarde pas non plus. Ne te précipite pas dans le désastre. Ne t’endors pas dans tes rêves non plus, autre désastre. N’essaie pas d’être un petit homme dans ton enfance mais ne fais pas l’enfant pour autant. Mords la nuance s’il te plaît.

   Tu me suis, gamin? Où t’es passé encore? Non, je joue plus. Je ne sais pas où tu es caché. Je ne devinerai jamais. Je ne te chercherai pas.

    Fais comme tu veux, moi je rentre.


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Détail donc. Certaines personnes âgées ou peu voyantes ayant réclamé des agrandissements simples, n'exigeant pas de manipulations trop compliquées. Detail poignant puisqu'il semblerait que les neuf petits chaperons rouge n'aient pas survécu longtemps après avoir été immortalisés par le peintre.


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La chaumière Dooryard. 1673. Adriaen Van Ostende.


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Le sale c... Euh pardon: Le maître d'école. Jan Havickszoon Steen.

  

Note de l'auteur : Ce texte me parait tout à fait tarte. Mon comité de lecture ayant jeté l'éponge depuis..., j'en suis réduit à m'autocritiquer. Ce dont j'ai horreur puisqu'ayant une très haute idée de ma personne. Par ailleurs, je n'aime pas parler aux enfants. Répondent toujours à côté ou de traviole, quand ils ne me tirent pas la langue ou me lancent des pierres. Si! puisque je vous le dis!

 

 

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 13:54

Mon île sur de l'eau

 

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 Plan des fondations de mon île (côté ??)

 

       Elle serait mon île à titre personnel. Je l’aurais bâtie de mes propres sueurs. Ce serait une île qui aurait les pieds sur terre avec de l’eau autour. De l’eau très claire, couleur incroyable. D’ailleurs elle serait si claire cette eau qu’en se penchant on les verrait très bien ses pieds, les pieds sur terre de mon île. Ce serait une eau presque dormante mais pas à poings fermés, assoupie à peine, avec juste quelques frissons de chair sur sa peau. Ainsi chacun, qu’il soit bon nageur ou non, pourrait s’y baigner sans arrière-pensée et même y faire un p’tit brin de sieste. Les enfants n’auraient pas peur : ils pourraient voir le fond, les coquillages domestiques, et les poissons coquins. Mais aucune de ces choses gluantes qui les effraient.

    Et pas de tempêtes, s’il vous plaît. Ou si tempêtes il y avait, elles ne seraient que caprices de la nature. Juste bonnes à faire sécher le linge plus vite.

    Sur cette île, il y aurait de la place pour un tout petit monde. Mais j’aurais construit un château en plâtre blanc avec de jolis murs bleus ici ou là pour inviter d’autres petits mondes.

    Il y aurait un port souriant vers le large et un village autour.  Et des maisons pour les indigènes que j’aurais engendrés.  Rien que des fils et filles naturels, d’un naturel parfait. Dieu aurait oublié ce paradis sur terre et le diable aussi.

    Les pêcheurs partiraient le matin et reviendraient le soir. Ignorant les vagues et les vents, la mer rendrait les corps en parfaite santé et joyeux. Ce serait l’occasion d’une fête. Les occasions ne manqueraient jamais. Il y aurait plus d’occasions que de fêtes.

    Il y aurait des femmes brunes, sauvages, et pas si faciles. Elles ne travailleraient pas, elles seraient payées rien qu’à se promener et parfumer l’air. Elles seraient toutes les femmes de la Terre à effectif réduit. Leurs enfants seraient blonds de soleil et de sel. Les hommes tourneraient en rond car ce serait une île ronde.

   Tout se jouerait à l’instant précis. Ce serait notre temps présent.

   Et j’ai oublié le ciel.

 

 

 

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 18:00

Sois gentille

 

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     Sois gentille la vie, soit gentille. Combien de temps qu’on se connaît déjà ? Ah oui, quand même. Le temps passe vite avec toi. C’est bien, oui et non. Mais d’abord c’est comment ton vrai nom? Si c’est pas indiscret? J’ai des questions depuis le temps. Des questions sans surprise, attendues. Les mêmes, toujours les mêmes que toutes les autres questions de tous les autres. Les grandes, je sais que tu n’y répondras pas, tu ne les entendras même pas. Je vais essayer avec les petites, les minuscules. Alors, voyons… une toute petite minuscule pour commencer.

       Je voudrais bien savoir pourquoi tu m’écoutes? pourquoi lorsque je mets mon bol de café au micro-ondes, pourquoi qu’il s’arrête toujours au fond ce con?! Si, si! toujours au fond! Je dois aller le chercher à tâtons, me brûle le bout des doigts et parfois le renverse. C’est pas la fin du monde on est bien d'accord mais c’est énervant  à force. Par exemple, est-ce qu’il ne pourrait pas s’arrêter disons un matin sur deux juste en face à portée de main ?

       Ben non, j’ai pas d’autres questions! Si tiens! Ça, ça me tracasse par contre!! Je voudrais bien savoir pourquoi tu n’es pas toujours comme dans mes livres d’images. Pourquoi il pleut parfois et que tu deviens ennuyeuse, triste, maussade, boueuse, bouseuse…

 (un temps)

      Mais t’es vraiment qu’une garce toi! T’es sourde? muette? T’es personne peut-être? T’es rien, à peine ce que tu es ou n’es pas? Je vais quand même pas te demander si les petits bateaux qui vont sur l’eau ont des jambes?! Hein quoi? tu veux bien répondre à celle-là? Ben alors vas-y, j’attends.

 

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 16:40

le miroir du jardinier

 

 

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Le miroir

dans la maison abandonnée

du dernier jardinier

Fernand 

le vieux garçon

l’enfant défait.

 

Ce miroir abîmé

par les visages usés

- combien? -

des hommes penchés

 

les hommes

à la terre retournés

rouges figures griffées

ronces orties et liserons 

Fernand seul

le dernier

le dernier jardinier

au regard assassiné 

 

le miroir

à jamais sans visage.

rongé par l’ennui

ravagé

repu des figures fauchées  

 

Crève miroir, crève.

le mal que tu as fait

maintenant te ronge. 

 

Va

va rejoindre les nuits

Miroir délaissé

dans la maison

maintenant abandonnée

 

C’est toi qui meurs

c’est Fernand qui rit

le dernier.


 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 12:52

ceci n'est pas un poème

(seulement les restes d'un diaporama foiré...)


Mais! ... Mais surprise! et quelle! ... Didier da Silva s'est emparé, pour les recueillir, avec toute la délicatesse et la discrétion qu'on lui connaît, de ces quelques mots et images abandonnées. Il m'a paru plus intéressant, plus spectaculaire, de placer ce film, que, trop modestement Didier da Silva n'a pas signé, à la fin de ce billet.

Et puis, non! Au diable la pédagogie!

 

Et jour faste décidément, j'inaugure par la même occasion la toute première vidéo de ce blog jusqu'alors figé et si peu musical!!

 

ceci n'est pas un poème


TEXTES--SOUSTEXTES-. 9893


TEXTES--SOUSTEXTES-. 9900

 

 

 

 

 

 

 

Mes étés désormais se perdent et s’achèvent dans les fumées de l’automne finissant.

 

Les enfants y pénètrent comme chez eux rejouant une dernière fois peut-être à la fête sauvage derrière le rideau ensoleillé des vapeurs odorantes

 

 

 

TEXTES--SOUSTEXTES-. 9926Encore chaudes de l’été

Ils s’amusent du flou et de l’invisible

 

Echappant aux regards des vieux venus surveiller le feu qui s’endort, s’attardant, eux, l’espace d’une éternité pour assister à cette inlassable disparition dont ils savent qu’elle n’est que le prélude à un hiver plus froid, qu’en surgiront le soir même, puant comme des charbonniers, de petits hommes et de petites femmes.



 

 

 

 

TEXTES--SOUSTEXTES-. 9918

 

 

 

Des chaises vides attendent déjà ces innocents aux mains pleines du sable des rêves.

 

C’est là l’œuvre de la noire Magie, penseront alors à leur tour les petits d’hommes et de vieillards, la reine-foudre assise au bord du fleuve, maîtresse de tous les feux connus, sur terre et dans les cieux, jusqu’aux enfers.

 

 

 

 

 

TEXTES--SOUSTEXTES-. 9906

 

(Je rends à Césure ses hémistiches, cette Force occulte appelée Overblog n'aura pas raison de moi, cette fois.) 


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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:17

Keepsake 2

Anno aetatis suae 1910

 

TEXTES--SOUSTEXTES-. 6802

La petite cireuse de parquet. (D.C. 2008) 

Ode à l’été.

 
J’aime l’été
les filles
puent des pieds
pas vraiment
eusses
leurs espadrilles
seulement
les trahissent
et leurs tennis
sentent
le vieux pénis
l’été
j’rate
jamais l’occase
de m’fend’
la rate
à leur dépend
t’es nase
elles disent
en m’balançant
une savate
ou deux
qui m’ratent de peu
Alors, leurs pieds nus,
j’peux enfin
courir
et leur coller au cul.

(Traduction F. de Chicheux)

Joseph Depluloïngue. Libre félibre. Né à Bédarrides (Vaucluse) 1846-1910. Surnommé “le bel inconnu de Carpentras”. 
 


Keepsake 1


       Hier dimanche a été la journée de tous les embarras, du choix principalement, dans la mesure où, tel l'âne de Buridan, j'ai longtemps hésité entre trois ou quatre sujets, tous brûlants d'actualité. A savoir :

Le Marché de la poésie,

 

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(Pascale Petit. Sharawadgi Manuel du jardinier platonique. L'inventaire. 2010)

 

      Tout ce que je peux dire pour l'instant de ce nouvel "opus" de Pascale Petit, puisque je n'en ai pas achevé la lecture, c'est qu'il est tout aussi surprenant que ses précédents, comme Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir. (Seuil. 2007) - comme, au passage, ses très savoureuses pièces de théâtre, Tom premier, Monsieur Jones, etc. (Écoles des Loisirs). Surprendre le lecteur fidèle n'est sans doute pas le meilleur critère qui soit, il n'en demeure pas moins que, en ce qui me concerne, il reste presque essentiel lorsque je vois certains auteurs se mettre en pilotage ou écriture automatique dès lors qu'ils se trouvent confortablement installés (plus ou moins certes!) dans les velours d'une célèbre maison d'édition. Je ne donnerai  évidemment pas d'exemples, d'ailleurs il ne m'en vient aucun à l'esprit. 

   A ce propos, je signale la parution d'une passionnante bibliographie des Éditions de Minuit par Henri Vignes, libraire, bibliophile, & bibliographe (toutes choses qui allaient de soi naguère au sein de cette noble corporation - votre serviteur, en son temps, s'étant lui-même attelé à la rédaction d'une bibliographie d'un célèbre libraire-éditeur de Saint-Gaudens.)

 

... la Coupe du Monde de Food-food,

        Mais la question a fini par se résoudre d'elle-même, faute de combattants pour ainsi dire. Demeure pourtant cette vaste conspiration que je ne peux taire plus longtemps. Du jamais vu depuis les attentats du Onze.

 

TEXTES--SOUSTEXTES-. 8438

(Coupe d'Europe 2008 (?) Photo sauvée des eaux, si je puis dire... Peu après, en reculant, je disparaissais dans l'escalier descendant vers les toilettes de cette grande brasserie, sans trop de casse heureusement. Souplesse et agilité. )

 

(de retour de la Fête de la Musique. Mardi, 02h00. )

      Laquelle a le malheur de se confondre cette année avec la Coupe du Monde. Juste ceci à propos de cette fête qui devient de moins en moins populaire au fil des ans: un "jeune", un seul sur dix mille, avait sa capuche sur la tête. Un rebelle, un vrai. A l'image de ce millionnaire débarquant en Angleterre, donnant le bel exemple sûrement, capuche et lunettes de soleil bien en évidence. Tel le pénitent gris? Que nenni! Une crapule affiliée à la Fédération machin chose. Les Guignols de Canal+  ne s'y sont pas trompés qui l'ont aussitôt arrangé façon riches heures des guignols! (Les Guignols - faut le faire - dernier rempart de la révolte qui ronronne doucement? Ne pas réveiller un veau qui dort, il pourrait ronfler.) Il y a peu de là à ce que je me refasse un santé de réactionnaire. Voilà où nous en sommes! Aujourd'hui, à seize heures, par curiosité malsaine. Voilà où j'en suis. Moi qui äye bercé Jaurès, Mendès, et Mitterrand. Aurais-je bien fait de m'arrêter à ce dernier? Non, certes!


... le centenaire de

       ... la mort d'un célèbre félibre dont l'œuvre me tient à cœur puisqu'il s'agit d'honorer la mémoire d'un ancêtre mien. Mais là aussi, au moment de trouver une illustration convenable pour accompagner un texte de ce poète, énorme incertitude quant à mon choix entre :

 

TEXTES--SOUSTEXTES-. 5253

... et :

TEXTES--SOUSTEXTES-. 6802

 

... et enfin, l'une de mes activités quotidiennes...

     ...qui consiste à m'obstiner à vendre sur Ebay des ustensiles aussi inutiles que peu écologiques.

 

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(Le lien sur Ebay : ... ? ...)

 

(à suivre... si on veut. )


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