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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 17:46

 

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  Chère amie, je viens vous faire mes adieux. En effet, je pars. Dans un pays si difficile d’accès que je doute, si seulement je parviens à destination, être capable d’en revenir un jour. Figurez-vous que j’ai acheté un lopin, un tout petit, perdu au milieu de je ne sais plus quel océan. Il faudra d’ailleurs que je me renseigne un peu mieux à ce sujet puisque les océans sont vastes et en nombre suffisant pour que je trouve moyen de me tromper. Ce qui serait dommage vu que c’est la première fois de toute ma vie que je peux me targuer d’être propriétaire, sentiment bourgeois s'il en est, certes, mais tout bien réfléchi les bourgeois ne sont pas si bêtes puisqu’ils ont de l’argent. Je ne sais pas si vous me suivez.

  Ce lopin donc, je l’ai eu pour trois fois rien, pour ainsi dire une misère et je m’y connais. En réalité ce n’est pas un lopin mais une terre en devenir qui existe sous soixante centimètres d’eau à marée basse et à un peu plus du triple à marée haute. (Ce phénomène des marées, pour utile qu’il soit sûrement, reste tout de même agaçant.) Je compte y vivre en paix, principalement à marée basse. Pour la marée haute j’aviserai. J’ai déjà quelques idées comme celle de profiter de ces heures pour dormir sur un matelas pneumatique solidement ancré. Ou plus simplement apprendre à nager. (En réalité c’est mon potager, dont je rêve depuis si longtemps, qui me soucie : comment se comportera-t-il dans ce milieu à priori hostile ?)

  Certains de mes amis se gaussent. D’après eux, avec la fonte des glaces, le niveau des océans ne devrait faire que monter. Mais cela m’inquiète peu car je sais, tout aussi scientifiquement, que certains volcans sous-marins ne demandent qu’à voir le jour et transformer mon lopin, « pieds dans l’eau » comme dit la brochure, en une île luxuriante et peut-être même luxurieuse si quelques aimables indigènes venaient la peupler. De quoi finir mes jours heureux et tranquille.

  Voilà, très chère. Quand je pense que beaucoup me trouvent un caractère pessimiste. Qu’en dites-vous ? Ne seraient-ils pas un peu sots après tout ?

 

 

 

 


 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 17:47

 

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  Curieuse impression ce matin, celle de me rencontrer à tous les coins de rues, puisqu’en y regardant mieux, les passants et moi-même avions tous la même tête, en l’occurrence la mienne, aucun doute là-dessus parce que je commence à la connaître cette bobine depuis le temps que je ne peux plus la voir en peinture. Bref, effet saisissant s’il en est.

  (D’autant plus que leur faciès, le mien donc, ne semblait pas les complexer outre mesure. Beaucoup, sinon la plupart, semblant s’en accommoder très bien, certains même paraissant se trouver à leur avantage ainsi affublés, à croire qu’ils ne s’étaient jamais regardés dans une glace.)

   Une fois l’effet saisi ou presque, car malgré une certaine habitude aux bizarreries qui m’échoient sans cesse, avec l’âge je réalise moins promptement à quelles étrangetés je suis à même d’être soumis d’un jour à l’autre, je me suis demandé par pure modestie si ce n’était pas moi plutôt qui avais la même tête que les autres, lesquels auraient eu tous la même tête qu’un autre, un inconnu, à qui ce genre de mésaventures arriverait aussi, alors qu’elles me sont d’ordinaire réservées. (Mais quelle belle prétention que voilà que de se croire unique face à la vie ordinaire.)

  Mais en réalité non : à force de me dévisager dans l’autre, j’ai bien fini par me reconnaître car je me connais un peu depuis le temps, puisqu’étant d’une beauté qui ne s’oublie pas facilement. (A ce sujet, celui de ma beauté, je possède, je le note au passage, nombre de témoignages tous écrits de ma main au cas où l’âge viendrait à me faire douter de la chose, de cette grâce naturelle qui émane sans conteste de ma jolie personne.)

  Les premières minutes, les premières heures soyons francs, furent assez plaisantes. Je ne cessais de me croiser, me souriant avec grande sympathie, me saluant de façon on ne peut plus courtoise. Puis ces moments d’exaltations passés, je finis par me rencontrer en premier communiant, puis en adolescent boutonneux, puis au bras d’une femme dont le visage ne me dit rien, bien que j’y reconnus quelques-uns de mes traits parmi les plus féminins, et, cerise sur le pompon du gâteau, en vieillard digne mais vilainement cassé en deux. Et enfin, autre cerise, pour un peu je me serais aperçu en mauvaise posture dans le corbillard qui passa fort à propos dans la rue.

  Fort à propos, parce que c’est à cet instant précis que je me réveillai, baignant dans mon urine et mes excréments, à demi asphyxié par mes vomissures. Signes évidents que j’avais rêvé. De quoi me rassurer : une nouvelle journée de cauchemar pouvait commencer, j’étais vivant, ne ressemblant qu’à moi-même, hélas pour moi, heureusement pour les autres.

 

 

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:01

 

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  C’était l’autre jour en pleine rue, ça m’a sauté aux yeux : la plupart des têtes ne vont pas sur leurs épaules. J’ai d’abord cru à un hasard, plutôt cocasse, qui aurait voulu que je ne croise que des gens mal foutus. Après tout ce sont des choses qui arrivent.

  Mais très vite, chemin faisant, j’ai dû me rendre à cette évidence : nombre de têtes n’ont rien à faire sur leurs épaules. Phénomène effrayant – que vous découvrirez à votre tour un jour ou l’autre, le plus tard possible, je vous le souhaite.

  Au point que j’ai dû me précipiter chez moi pour aller me planter devant mon miroir, celui qui me permet de me voir des pieds à la tête pour peu que je me tienne accroupi ou assis. Eh bien à moi aussi, ma tête ne me va pas. Toutes ces années à me croire à peu près proportionné et voilà que d’un coup d’un seul je m’aperçois qu’il me faudrait impérativement maigrir du crâne. Je me demande s’il existe des régimes appropriés à mon cas. Cesser de me prendre pour un astre peut-être, éviter les lectures trop savantes, ça c’est déjà fait, m’exercer à l’idiotie, déjà fait aussi. 

 

 


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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 13:53

 

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   Je ne sais plus m’habiller. Ou plutôt je n’y arrive plus. J’ignorais que cette pratique somme tout banale pouvait s’oublier. D’autant que je ne sais plus me déshabiller non plus. Ce qui tendrait à  prouver que je parviens tout de même à enfiler quelques vêtements sur moi le matin, sinon pourquoi serais-je obligé de les ôter le soir ? Voilà qui est rassurant, je ne me promène pas tout à fait dévêtu. 



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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:41

 

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  Je vous l’accorde, je suis assez ridicule sur cette photo. D’autant qu’elle ne fait pas très vraie ma nouvelle chérie, qu’elle grandit tous les jours où je diminue, à moins que ce ne soit le contraire mais cela m’étonnerait.

  Et voyant nos ombres s’allonger au ciel, je comprends que nous nous éloignons. Sans doute n’étions-nous faits que pour nous croiser.

  L’un grandir, l’autre diminuer.

 

 


 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 14:49

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   Jusque là j’avais été parfait. Je suis toujours parfait. Disons que jusqu’à ce là-là j’avais été plus que parfait : trois changements réussis sur trois. Un véritable exploit ferroviaire pour ce qui me concerne.

  Et puis voilà qu’au quatrième changement, consistant cette fois, à l’inverse du premier, à descendre du train pour monter dans un bus - ces voyages sont nerveusement épuisants -, voyez-vous pas que je rate ledit bus. (Après l’avoir attendu, petit détail, plus d’une heure et demie.)

  Ça c’est du ratage, ai-je alors pensé en le voyant filer sous mes yeux, bondissant gracieusement par-dessus les gendarmes couchés, petits sauts qui le faisaient se dandiner gaiement tandis qu’il disparaissait au loin avec des airs de coquette.

  Encore une heure et demie à compter les pigeons. A me poser des questions à leur sujet. Par exemple pourquoi certains se gavent à ce point de gravier ? Pour se lester peut-être? Car il me revient maintenant que le mistral soufflait fort alors, qui ajoutait au plaisir du voyage.

  Car ce fut un plaisir.


 

 

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:14

 

gueule-sang

 

  Elle a commencé par me mettre un magnifique pain dans la gueule. Magnifique. Et je m'y connais. Parole, j’ai cru que j’allais tourner de l’œil. Puis, j’allais dire dans le même mouvement, elle m’a embrassé. Longuement. Enfin elle s’est écartée, et là quand je l’ai vue me sourire avec tant d’amour, la bouche et les joues en sang, crachotant mes quelques dents, elles ne pouvaient être qu’à moi, je me suis pensé Elle me plaît, je l’adore, je l’aime, et tant pis pour les frais de dentiste.

  Elle m’a dit Ça c’est une petite avance pour le cas où tu ne m’aimerais plus, que tu me quitterais, que tu me ferais souffrir. Et elle m’a embrassé de nouveau. Là je me suis dit Tout de même pourvu qu’elle n’attrape pas le goût du sang.

 

 

 

 


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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:28

 

cuisiniere

 

   Je fais des rêves étranges ces derniers temps. 

 


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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 10:53

 

Sylvie

 

  De retour de chez le coiffeur elle me demande si elle est bien coiffée derrière. Je n’ai pas besoin de lever les yeux, ou à peine, pour lui faire plaisir, sachant déjà ce que je dois lui répondre. Quelque chose comme : Oui et non, c’est à voir, ça pourrait être, ici et là, plus... ou moins... ceci, cela... Je ne finis jamais mes phrases, ça l’agace.

  Elle me regarde alors d’un drôle d’air, toujours peur qu’elle me saute dessus, mais je sais qu’au fond elle est ravie puisqu’elle va pouvoir retourner lire ses revues préférées. Elle en reviendra encore plus mal coiffée qu’auparavant et là je serai obligé de lui dire : Tu sais, ça repousse. Alors elle se jettera sur moi, quel choc, et nous engagerons une bataille qui durera jusqu’à la nuit où enfin je lui dirai : Tu es bien coiffée derrière, mon amour.

 

 

 

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 11:49


ELISE 2

 

  Dans une autre vie, je serai pouf.

  J'ai hâte.

  Il me tarde.

  C'est urgent.

  Dépêchons !



 

 

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