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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:25

 

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  Désespérant voir un jour son fils s'intéresser aux choses les plus ordinaires de ce monde, mon père décida, sur les conseils d'un célèbre pédagogue, un jésuite je crois bien, de m'initier à l'art de la photographie. Art dans lequel il n'excellait pas tant vu l'impressionnante collection de cathédrales, chapelles, ruines romaines, et autres monuments que contenaient ses albums. Autant de sujets qui n'ont jamais provoqué chez moi ni chez quiconque d'ailleurs la moindre émotion esthétique.

  Néanmoins, c'est indéniable, il possédait une technique sûre, quasi scientifique, dont je profitais du mieux que je pus. C'est alors que, estimant mon bagage suffisant et pressé de me voir décamper, il me confia son propre matériel, à savoir un vieux Zeiss à soufflet et un trépied télescopique aux jambes si fluettes qu'il se mettait à tanguer dangereusement au moindre courant d'air.

  Ainsi équipé (il ne manquait que la pellicule mais de cela je ne m'en aperçus que bien plus tard), il m'envoya en reportage avec mission de ne réapparaître qu'une fois couvert de gloire. Je le lui promis. Sur le pas de la porte, il m'adressa ce dernier conseil, la main paternellement posée sur mon épaule : "Le secret d'une bonne photo, mon fils, c'est de savoir attendre."

  Et depuis j'attends.

 

 

 


 

 

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 18:43

 

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  Il fut un temps où mon père tenta de me donner le goût de la compétition. Une qualité, à ce qu'il prétendait, censée me garantir un avenir brillant dans le monde des affaires.

  Et pour un peu il faillit y parvenir tant j’étais grisé par la vitesse et aussi par la perspective d’une sortie de route qui lui aurait ôté la vie, mais dont je réchappais heureusement sans la moindre égratignure, au contraire de ma mère, la veuve, qui elle en serait morte de chagrin.

  Bien évidemment, comme chaque fois que je demande à la chance de me sourire, rien ne se passa comme prévu. Non seulement j’ai depuis la compétition en horreur (au point que, si je consens très exceptionnellement à m’aligner sur une ligne de départ, c’est pour faire brusquement demi tour et décamper en sens inverse) mais je suis maintenant incapable de monter dans une automobile sans me cramponner aussitôt au frein à main que je ne lâche plus tant que l’on ne m’a pas autorisé à descendre. 

 

 

 

 


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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:13

 

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  Pour séduisante qu’elle soit, la navigation en solitaire présente malgré tout quelques inconvénients dont celui de voyager en compagnie de soi-même et cet autre de devoir se débrouiller seul.

  Pour charger les vivres à bord par exemple. (Priorité absolue à la gnôle qui me vient d’un ami belge, fameux bouilleur de cru, et au tabac qui est pour moi comme un médicament.)

  Ensuite pour appareiller. (Mettre en chauffe, vérifier la pression, commander la barre à bâbord toute, ou à tribord je ne sais jamais, larguer l’amarre avant, attendre que la proue pique vers le large, larguer l’amarre arrière, se précipiter à la barre en commandant en avant lent, reprendre son souffle, prier que tout se passe bien, boire un coup pour se donner du courage, bourrer sa pipe pour avoir l’air, etc.) 

  Pour s’orienter enfin. Car, vous me croirez ou non, au lieu du Havre qui devait être comme la porte dorée de ma nouvelle vie ce sont les sources de la Seine que j’ai fini par découvrir, ce qui n’est pas rien certes mais n’était pas le but de mon voyage.

 

 

 


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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 18:31

 

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  Lorsque déchirant les cieux Yahvé c'était son nom à l'époque venait faire péter le relais de télévision toute la maisonnée se mettait à hurler comme quoi la France était lamentable mais pas moi qui attendais avec impatience cette fameuse mire c'était son nom à l'époque sur laquelle je pouvais exercer mes talents de tireur d’élite sans h quelque part et alors par crainte des ricochets tous se carapataient vite fait ailleurs tandis que imperturbable je plombais l’écran qui s'étiolait comme mon terrible grand-père qui n’osa jamais la moindre réflexion parce que sans doute cela dit sans me vanter cette froideur dans le regard cette précision dans les gestes déjà oui car c’est ainsi à l’âge où les autres ne juraient que par Thierry la fronde et ses compagnons que j’appris le seul métier que je connaisse vraiment à savoir fumer mon prochain comme moi-même si on m’avait payé assez cher pour ça putain

 

 

 

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 17:26

 

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  Suite à un léger revers de fortune, la chute de l’Empire colonial français, une paille, ma mère se vit obligée de renoncer du jour au lendemain à sa domesticité. Une vraie charrette. Qu’à cela ne tienne, après la délocalisation donc, elle inventa la robotisation des tâches en investissant massivement dans l’électroménager de pointe. Ainsi cette machine à remplir les tasses - de café au lait, de chocolat, ou de thé -, car nous étions nombreux à la maison.

  Son "parc" était impressionnant quand j’y pense. Je me souviens plus particulièrement d’une machine à laver la vaisselle dont je ne me lassais pas d’admirer les performances. Son système était à mon avis très ingénieux : il consistait en une centaine, peut-être plus, de petites billes de plastique qui, emportées par le violent brassage de l’eau, venaient mitrailler la vaisselle sale. Laquelle après ça ressortait impeccable, d’autant que ma mère, femme quelque peu maniaque, prenait la précaution de la nettoyer auparavant à la main. Je suppose que ce sont les pertes - non négligeables en ce qui concernait le cristal et la porcelaine -, qui reléguèrent cette brillante invention aux oubliettes.

 

 

 

 

 


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 16:18

 

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  Je n’aimais pas embrasser les dames. Je leur trouvais une odeur de poussière qui convenait mal à l’atmosphère de l’enfance.

  De là sans doute cette habitude que j’ai aujourd’hui de chasser les enfants à coups de bâton.

 

 

 


 

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 18:34

 

ESPION !!!

 

  Ma carrière au sein des services secrets français fut brève mais féconde. 

  Brève, parce que les services soviétiques ne crurent pas un instant à mon histoire d'handicap. 

  Féconde, parce que durant les quelques secondes que dura ma toute première mission je pus surprendre des conversations qui se seraient certainement avérées très intéressantes si seulement j’avais parlé le russe.

 

 


 

 

 

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 12:34

 

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  Dans ma famille l’on n'avait d’intérêt que pour la technique. Alors que de mon côté je n’en portais qu'à la musique.

  Et sans bien saisir encore la portée de mes propos j’allais répétant : Qu’importe le sillon pourvu qu’il abreuve le flacon de mes ivresses.

  J’étais jeune n'est-ce pas.

 

 

 


 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 19:10

 

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  Je garde de mon grand-père le souvenir d’un homme bon et généreux, le plus doux qui soit.

   D’aucuns dans le village prétendaient tout le contraire, causant en douce d’un vieillard irascible et querelleur, s’emportant pour un rien. Mais vous savez ce que c’est dans ces petits pays : difficile de faire taire les mauvaises langues.

 

 


 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 18:57

 

« C’est ici que nous apparaît la supériorité évidente de la chenille sur la roue. »

(Georges-Marie HAARDT & Louis AUDOUIN-DUBREUIL.

 La Première Traversée du Sahara en automobile.

Paris, Librairie Plon. 1924.)


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  Alors que nous étions gaillardement partis pour découvrir les sources du Nil, mon ami Luc Lamy (dit aussi l’Africain, tant il l’est africain, bien plus en tout cas que sa véritable nationalité ne le laisserait supposer) et moi-même, nous sommes soudain rendus compte, alors que nous étions déjà à mi-chemin et que les bistros se faisaient de plus en plus rares voire inexistants, que les dites sources étaient somme toute déjà connues, grosso modo, que par ailleurs elles ne devaient délivrer qu’une eau douce, plate qui plus est, tout juste bonne à noyer le pastis (ce qui au demeurant n’est pas rien mais ne justifiait pas que l’on usât pour cela nos chenilles et notre belle jeunesse, sans parler des inconvénients liés à la présence d’indigènes qui avaient le front ces drôles de se croire chez eux).

  Bref, tout ceci nous a donné à réfléchir. Pas longtemps : comme un seul homme nous avons fait demi tour, roulant jour et nuit jusqu’à Mostaganem où nous avons bu l’anisette jusqu’à plus soif.

  Suite à quoi, ayant dédommagé grassement notre chauffeur, Marcel, un ancien des bataillons d’Afrique, un as du volant, ce que nous avons pu tourner en rond lors de ce périple c’est à peine croyable, fine gâchette de surcroît, combien de fois nous a-t-il tiré d’embarras comme cette nuit où nous avions aimablement invité sous notre tente quelques femelles du coin en vu de notre joie, nous décidâmes de retraverser la méditerranée pour nous attaquer cette fois aux sources du Montrachet. Oui, nous ne manquions pas d’audace à cette époque.

 

 

 

 

 

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