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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 19:19

Le royaume des abeilles


       Il faut absolument que je vous raconte l’histoire des abeilles. Ce qui se passe à l’intérieur d’une ruche est proprement fascinant et... effrayant. C’est toute l’histoire de l’humanité que se joue là dans cette simple petite caisse. D’ailleurs le titre du livre d’où je  tiens le principal de ma documentation s’intitule très justement “Le royaume des abeilles” (Flammarion)
    En résumé, il y a celles qui bossent, les plus nombreuses, une qui règne, des seigneurs qui ne fichent rien, fument le cigare ou lisent le journal, logés, nourris, et enfin les filles de la reine qui veulent devenir reine à la place de la reine.

 

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    J’en viens à mon histoire. Je ne sais pas si elle vaut le coup. Je radote des souvenirs ces derniers temps, c’est à se demander si la sénilité n’aurait pas commencé son œuvre... Bref, mon grand-père avait une ruche qu’il avait installée un peu à l’écart vers le fond du parc et dont il prenait grand soin. 
    Or, chaque année en été une famille de gitans passait au village pour donner un petit spectacle. Mes grands-parents les autorisaient régulièrement à faire paître leurs poneys dans les verts pâturages du parc. Les braves bêtes avaient tout loisir de se gaver pendant deux ou trois jours et les gitans en étaient toujours très reconnaissants. C’était des gitans “bien”.
    Une année, ce fut une autre famille qui débarqua au village. D’un tout autre genre celle-ci : pas de spectacle, pas de poneys, rien. Un genre douteux donc. Leurs enfants poussaient le culot jusqu’à venir jouer dans le parc, chez “nous” - nous, les enfants: ribambelle de cousins et compagnie -, sur “nos” terres. Impossible de les faire décamper.
    L’aîné de mes cousins, un fort en gueule, se mit en tête de les déloger en excitant les abeilles d’un coup de carabine à plombs. L’idée paraissait judicieuse sauf qu’elle s’avéra foireuse. Son forfait accompli, on vit notre grand cousin rappliquer en hurlant poursuivi de près par la moitié de l’essaim. Comment ces abeilles avaient-elles compris que l’auteur du coup de feu se trouvait cinquante mètres derrière la ruche planqué dans un buisson? Pourquoi se sont-elles complètement désintéressées des cinq ou six mômes (le gitans) qui jouaient juste devant la ruche et restèrent totalement impavides? C’était pour le moins imprévisible.
    Où voulais-je en venir? Ah oui! Finalement, on a beau dire, y a quand même une justice, mon bon Monsieur!
    Ce blog gagne chaque jour un peu plus en hauteur. C’est bien.


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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 12:00

Cet enfant ne s'intéresse à rien

 

 

         C’était faux bien sûr. Que je sache je me suis toujours intéressé à quelque chose. Mais, qui pouvais-je?, à des choses qui ne rapportaient pas toujours des points à l’école. C’est ça qui clochait dans mes centres d’intérêts.

 

img281En classe, le  travail des petits Henri Jules Jean Geoffroy


         Par exemple je me suis longtemps intéressé à mon zizi. En ce temps-là, en Algérie, je devais avoir sept ou huit ans, seuls mes petits copains arabes étaient à même de me renseigner.

 

img282Les enfants sur la plage 1910 Joaquin Sorolla


         Un dessin valant mieux qu’un long discours, chacun y alla de son croquis sur le sable humide de la plage. Très vite il y eu surenchère dans la taille que devait atteindre un zizi normal. Au fur et à mesure que les proportions prenaient de l’ampleur, je fus de plus en plus effrayé à l’idée qu’un jour je devrais me promener avec un tel machin dans mon slip. Intérieurement je priais le Ciel de ne jamais grandir ou, tout au moins, pas de ce côté-là. Pas trop.

         En revanche, en ce qui concernait les filles, car le sujet fut évidemment rapidement abordé, la précision des dessins fut plus hésitante. Il existait même d’un croquis à l’autre des variations considérables qui me laissèrent perplexe, variations qui allèrent jusqu’à entraîner des désaccords profonds au sein du groupe. Une vive altercation s’en suivit, le tout en arabe. Et mon éducation sexuelle s’acheva là, pour un temps, sur cette plage. 

         Mais enfin, j’avais appris quelque chose sur mon zizi, la journée n’avait pas été totalement perdue.


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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 17:44

Le grenier

 

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        Hier, ou plutôt avant-hier, à propos de la vente de "mon" squelette, j'évoquai ces objets que l'on a trop vus et dont on se débarrassait autrefois en les remisant au grenier. Il n'y a plus de greniers aujourd'hui, ou si peu.  Au mieux, ils ont été remplacés par les caves ou les garages.

       Le grenier de mes grands-parents dans les Pyrénées recelait des trésors, notamment un superbe vélocipède. Superbe n'est pas le mot puisqu'il était rouillé jusqu'à l'os et la grande roue, à l'avant, était visiblement, quoique légèrement, voilée. Heureusement, ce monstre n'était pas entreposé dans le grenier de la maison mais dans celui d'une des remises. Ce qui nous avait permis, à mon petit frère et à moi, de le descendre dans la cour arrière en toute discrétion car il nous était interdit de fouiller dans les greniers sans doute parce qu'ils devaient receler des secrets qui n'étaient pas pour les enfants mais surtout parce qu'on les laissait souvent en grand désordre.

 

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Vélocipède à vapeur fonctionnant à l'alcool (années 1870)


     Pour le vélocipède donc, j'avais dû me résoudre à mettre mon petit frère à contribution, l'engin étant peu maniable dans l'escalier en bois de la remise mais surtout pour le dénoncer au cas où nous nous serions faits prendre. C'est d'ailleurs lui qui eut l'honneur d'essayer en premier le vélo. Un fois au grand jour en effet, je lui découvris d'autres faiblesses que la rouille, des rayons manquants ici ou là, une pédale cassée, bref la prudence exigeait que mon petit frère fasse office de pilote d'essai.

      Avec mon aide, il ne s'en tira pas trop mal. Après avoir un peu résisté, l'ensemble se mit à rouler en grinçant autour de la cour. Je décidai donc de délivrer mon petit frère, lequel n'avait cessé de hurler de terreur, et de me lancer à mon tour. Je ne me souviens plus quel élément céda le premier, je pense que c'est tout l'ensemble d'un seul coup d'un seul : le pédalier et avec lui une partie de la fourche avant, la barre centrale qui supportait la selle et reliait l'ensemble à la petite roue arrière. 

 

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      Mon petit frère se mit à courir vers la maison en hurlant. Quelle lâcheté! De mon côté, aucune blessure grave ne mettant ma vie immédiatement en danger, je me dépêchai d'aller ranger le vélocipède à sa place. Ce qui fut fait en un rien de temps puisqu'il était maintenant en pièces détachées. Habilement, je lui redonnai le même aspect abandonné entre un vieux sommier et une caisse de la Revue des deux Mondes.  A ma connaissance, personne ne sut jamais rien de ses derniers instants.

 

 


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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 18:09
Depluloin
(Les années de formation)


       Je me dois d'être franc. Je n'ai jamais soutenu de thèse de théologie mais seulement d'Instruction religieuse. C'était un début, me direz-vous. J'en livre ici les meilleures pages car elles peuvent être utiles aux voyageurs  ou aux amateurs d'art gothique qui passeront par la capitale. D'autant que l'ouvrage n'a été tiré qu'à un seul et unique exemplaire. D'où l'intérêt certain de ce billet.


img206La "Composition" se présente sous la forme d'une plaquette brochée in-8 (145/220)

img207Page de titre : Composition D'Instruction Religieuse (2° trimestre 1965)

img209Jusque là, ça va à peu près...


img210Une des rares descriptions de la vie quotidienne aux Halles de Paris...

img211Suite de la page précédente : l'après-midi, heureusement, parfums de fleurs...

img212Page de gauche : Notez l'exploit typographique qui a consisté à caler le texte tapuscrit avec le dessin d'architecte.

img213Page de gauche : "le buffet est moins finiolé que dans les autres cathédrales."


img214Ici (chapelle de St Anne), on sent bien que je commençais à en avoir marre de ces petites chapelles latérales, sombres et sinistres...

img215Photographier la nef m'était plus facile que le reste. L'appareil, prêté par mon père, était un vieux Zeiss à soufflet qui devait reposer sur un de ces trépieds télescopiques cylindriques dont la rotule ne tenait plus. Pendant les temps de pose, l'appareil avait tendance à pencher tout seul d'un côté ou de l'autre. J'avais donc tout intérêt à le basculer en arrière une fois pour toutes, l'objectif pointé vers le haut...

img216La conclusion ("Un regard sur l'avenir...") sur la nécessité absolue de poursuivre la construction de cathédrales était un fayotage évident qui semble être passé inaperçu - puisque:

       Malgré l'absence de correcteur automatique, cette "composition" m'a valu une excellente note. Sans doute grâce à l'énorme somme de travail qu'elle m'avait demandé. Pour moi c'était avant tout, malgré ma réelle passion pour l'architecture et l'orgue, l'occasion de m'échapper un peu de la maison familiale (deux frères, deux sœurs) pour aller me balader. Elle me permettait aussi de me mettre le soir à la machine à écrire, arguant que j'avais mieux à faire que mes devoirs de latin, grec, allemand, etc...

     Ce n'est pas la seule ruse que j'ai employée à cette époque. La plus payante a certainement été celle de me découvrir une vocation religieuse. Dans mon idée, un bon moyen de me mettre ces s... de jésuites dans la poche. Cela a très moyennement fonctionné. (Sauf, la permission lorsqu'il pleuvait ou faisait froid d'aller prier à la chapelle.) Ce dont je me souviens parfaitement en revanche c'est du regard de ma mère lorsque je lui ai annoncé ce que je croyais être une bonne nouvelle. Un regard atterré, incrédule, stupéfait. La pauvre qui me voyait, au minimum, défiler sur les Champs Elysées en uniforme de polytechnicien...


 
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 17:35

et n'ôtez jamais leurs photos du cadre où ils sourient


       Cela m'apprendra à vouloir ranger. Pas mon genre pourtant le rangement. Ces deux enfants - le plus âgés devait avoir dix-sept ou dix-huit ans - avaient en commun d'être des membres de ma famille et d'être morts à la guerre d'une balle en pleine tête. Deux guerres très différentes mais deux guerres déclarées. Une de perdue - et encore, rien n'est moins sûr. Une de gagnée.

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       Non, je ne me serais sûrement pas attardé sur ces photos que je voyais  pour ainsi dire tous les jours chez mes parents si en les sortant de leur cadre (un cadre double en cuivre avec un petit vase en verre  en son milieu pour y glisser une fleur) je n'avais remarqué sur le tissu de soie qui recouvre les deux fonds comme une empreinte du visage du plus jeune. Une sorte de Saint-Suaire, authentique celui-là. Cela m'a arrêté parce qu'au moment où je me disais qu'il était temps que les morts rejoignent les albums de photos, l'un d'eux, mon petit frère, persistait à vouloir rester au grand jour. Je ne sais pas si vous le verrez ce fantôme que je crois apercevoir. Peut-être me fais-je de idées?

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(Bon, ce billet n'est pas des plus gais et j'en suis désolé. Je me console en imaginant celui, absolument navrant, que je projetais de vous livrer aujourd'hui.)



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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 17:38


Pas deux doutes, j'avais la vocation




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      Des phrases courtes, concises. Sujet, verbe, complément. Je n'irai pas jusqu'à me comparer à Mozart mais enfin tout de même, force est de constater que le style est déjà là. Et donc l'homme.


  Repères biographiques :

1962, j'ai dix ans. J'écris à mon père resté courageusement en Algérie puisqu'il s'y promenait le revolver à la ceinture. (Des rivalités sanglantes entre deux groupes FLN.)

Youyou (ou Youmbo) était notre chien. Il a fini ses jours là-bas, abandonné. (Cas de force majeure : mon père a dû tout laisser et s'échapper en chemise pour ne pas éveiller l'attention. Il est probable qu'il doit la vie aux pilotes d'Air France qui l'ont fait grimper clandestinement dans une Caravelle.)

Elizabeth, ma sœur aînée, à qui je donnais des cours d'allemand. J'ai mis le temps à comprendre que c'était sa façon de me faire travailler cette si belle langue. (Je pense n'avoir communiqué à mon père que les notes acceptables - par charité pour lui bien sûr.)

Tante Mague (pour Marguerite) était au mieux avec l'organiste du Vésinet ou du Pecq près de Paris. Je rêvais d'apprendre à jouer de l'orgue, et cette histoire de twist (le seul mot bien orthographié?) me consternait.

J'imagine que le post-scriptum - j'en étais friand - devait être d'une telle qualité que j'ai préféré le censurer.








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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 18:01


Ou comment j'ai bien failli sombrer dans la zoophilie


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         C’était il y a bien longtemps dans les Pyrénées. Nous étions toute une bande de garnements, les autres à peine plus âgés que moi et nettement plus dégourdis puisqu’ils vivaient là. (Et moi, le parisien en vacances, bien que mes grands-parents “soient du pays” depuis la nuit des temps ou presque.)

 

         Ce jour-là donc, nous traînions à l’étable où le fils du fermier avait à faire : une des cinq ou six vaches de l’exploitation (mot aussi incongru qu'inconnu à l'époque dans cette région) avait son veau et il fallait le faire téter mais point trop afin de ne pas vider la mère de son précieux lait. Mais le fiston ou la fifille de la vache en question ne l’entendait pas de cette oreille si je puis dire, et il fallait s’y mettre à plusieurs pour l’arracher à temps aux tétons de sa mère. C’est à cet instant que le fils du fermier laissa entendre que, dans ce état, le veau ou la velle sauterait volontiers sur tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à un pie de vache. Et de nous en faire la démonstration sous les rires enchantés de mes camarades qui n’en étaient visiblement pas à leur coup d’essai. Et en effet chacun y alla de sa contribution à la réputation de l’élevage bovin du coin (le très fameux veau de Saint-Gaudens exporté dans l’Europe entière). Pataugeant dans la bouse et l’urine, le plus difficile pour eux semblait de rester debout lorsque le veau, mécontent de devoir attendre sa dose, donnait de violents coups de tête, lesquels auraient bien pu les estropier. De mon côté, je n’en menais pas large, tremblant que mon tour vienne car je n’étais pas prêt, très loin de l'être: cette gueule, cette grosse langue râpeuse, me disaient si peu que je dois avouer que l’érection n’était pas au rendez-vous, mais alors pas du tout.

 

         Heureusement, mon tour ne vint pas. Le bruit des sabots du père eurent vite fait de rappeler les garnements à l’ordre. Aujourd’hui je me console en me disant que toutes les expériences ne sont pas bonnes à vivre et qu’après tout même à la ville où veaux, vaches, cochons, sont rares je ne me débrouille pas si mal avec la population locale ou étrangère. Cela dit sans me vanter bien sûr.

 

Pourquoi cette histoire? Ah oui : mangez du veau des Pyrénées!


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(Cette illustration pour celles ou ceux qui n'auraient jamais eu l'occasion d'apercevoir un veau téter sa mère)

 

 

 

N. B. : Pour être précis : la "velle" est le nom limousin de la génisse.



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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 15:04
Le râpeur n'est pas sans reproche

           J'ai décidé de vendre sur eBay tous les objets dont je n'ai pas (ou plus) l'utilité. En général de ces achats dont on se demande, une fois déballés chez soi, ce qui a bien pu nous passer par la tête. Exemple : cet appareil à râper les légumes. (Je crois, en y repensant, que c'est la manivelle qui m'avait décidé. J'aime les outils à manivelle. La démarche écologique n'est pas à écarter non plus. Bref, après avoir frôlé à plusieurs reprises la crise cardiaque pour de simples carottes râpées, j'ai remisé l'engin.)


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Je me suis laissé dire que c'est la photo qui "vendait". Je me suis donc appliqué mais rien à faire : cet objet est totalement déprimant.



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(Ce n'est pas demain la veille que je serai photographe de pub...)


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Si j'étais malhonnête, je pourrais prétendre que cet appareil peut également servir de taille-crayon.



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Un joli vase?


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Cacher à l'intérieur un jouet "surprise" comme dans les paquets de lessive? (Ici, je l'ai mis en évidence, au risque de gâcher la surprise mais les gens sont si méfiants.)


      Bizarrement, à force de le voir en photo, cet engin a fini par gagner ma sympathie. Je vais lui trouver un intérêt, j'ignore encore lequel. (Le prendre dans ma main tout en pensant très fort To be or not to be?) Mais j'ai la faiblesse de croire m'y connaître en art plastique et je suis à peu près certain d'en faire une œuvre. Et puis laisser un si bel objet entre les mains d'une ménagère bornée, fermée à toute forme de beauté, le tout pour cinq euro, pas question.





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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 17:55

Je suis un homme à femmes et je ne le savais pas

         Je crois sous-estimer gravement mon pouvoir de séduction. Parce qu'enfin les preuves sont là. Les faits parlent d'eux-mêmes: cette adorable jeune fille a accepté de me suivre chez moi, je ne l’y ai point forcée, ça n’est pas mon genre, à une heure que je n’ose préciser ici.

         Tout compte fait, il doit exister des plages horaires où je suis massivement, implacablement, irrésistible. Je ne vois que ça pour expliquer sa présence ici. Je crois ne lui avoir rien promis, elle ne m’a rien volé - j'espère. Par ailleurs, il n’est pas impossible que je fusse pompette vers ces heures-ci : la qualité des photos, le cadrage, plaideraient en ce sens. Incapable de sortir mon flash, mes réflecteurs...

         (Cette “exposition” n’est pas tout à fait innocente. Par expérience, je sais que la femme attire la femme. Cette dernière ne supportant pas qu’une autre se fasse tirer le portrait à sa place. Et surtout ceci : si une jeune fille, plutôt bien faite de sa personne, trouve un intérêt à ma conversation, à ma compagnie - mon corps de rêve? - , c’est qu’il doit y avoir “quelque chose”... )


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(Si cette jeune fille se reconnait ici, qu'elle me contacte au plus vite!)



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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 18:17

ma première "vraie" guerre



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         L’autre jour, pensant à mai 68, ma première vraie guerre, j’ai soudain pris un sacré coup de vieux. La faute en revient principalement à ces jeunes arrogants qui ne ratent jamais une occasion de me dire, à moi, car j’imagine que ça m’est adressé, j’en suis même certain, qu’ils sont nés en 70, voire en 80. Non seulement je ne leur demande rien, mais surtout je m’en tape de leur date de naissance. Je m’en désintéresse à un point qu’ils n’imaginent même pas.

 

         Mai 68 fut donc ma première guerre. J’étais jeune mais vigoureux pour ne pas dire costaud. Mon idéal politique consistait surtout, à l’époque, en cette possibilité inédite de sécher facilement les cours. Comme on dit avec justesse et poésie : soufflait alors sur Paris un vent de liberté.

 

         Je me faufilais donc dans toutes les manifestations de bonne tenue du moment qu’elles avaient vocation à changer la face du monde. (Mises à part celles des cinglés d’Occident par exemple et les contre-manifestations gaullistes.)

 

         Je me suis essayé pourtant une fois une seule à une manifestation royaliste, laquelle n’est guère restée dans l’Histoire, vue que nous étions une misérable quarantaine qui s’est dispersée à la vitesse de l’éclair au premier coup de sifflet. Hurler “Vive le roi”, je le devais à mon grand-père maurassien qui m’avait très tôt initié à cette pensée politique qui me paraissait alors tenir debout. (Je rêvais sans doute d’être anobli un jour, avec le château et les terres afférentes.)

 

         Bref, l’expérience fut si désastreuse que mes efforts se concentrèrent dès lors sur les grandes manifs du Quartier latin. Je fus blessé une fois par un tir “ami” comme on dit : un crétin derrière moi, un gringalet d’étudiant, qui s’imaginait pouvoir balancer une barrière quelques cent mètres plus loin sur la première ligne de CRS, barrière que j’ai prise assez violemment sur le coin de la figure. Après cet exploit, j’empruntais le casque moto de mon frère après avoir pris soin de saboter son engin. (Je ne crois pas qu’il ait jamais fait le lien entre ces “fichues pannes” qui l’occupaient beaucoup et mes escapades révolutionnaires.)

 

         Résultat : je n’ai pas changé la face du monde mais j’ai sacrement raté mes études. Et qui sait peut-être ma vie. Foutu à la porte par les jésuites, je me retrouvai chez d’autres bons pères, réputés plus aimables, ce qui ne les empêcha pas de me virer à leur tour un an plus tard, ayant eu le culot de protester publiquement contre le soutien apporté par le Supérieur à une liste gaulliste.

 

Et voilà : grand-père raconte sa guerre! Mince! Vite, une petite couleur chez mon coiffeur et il n’y paraîtra plus!


 

 

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