Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 18:28

 

Brave et honnête Depluloin

 

LA-BIO-AURORISEE 0813 Dominique CH. BLOG

copyright Sylvain Hitau


       Depluloin s’en va, il est parti, c’est fini. Pour exister, il avait besoin d’un minimum d’insouciance. Insouciance n’est pas le mot. Depuis quelque temps, il causait, assez mal du reste, de tout et de n’importe quoi. Encore un peu et il divaguait. Il a estimé avoir fait son temps comme on dit. 

 

     Dans le meilleur des cas les vieux chevaux finissent au pré, dans le pire à la boucherie. Or le bougre était du genre à se laisser facilement abattre justement. Soit qu’il ait trop longtemps tiré la charrue, soit qu’il n’ait plus vu le monde si différent qu’un gigantesque et épouvantable foutoir des états d’âme. Tel que je le connais il a dû en être le premier surpris et peiné. Naguère encore, il ne voyait pas les choses ainsi. Vieux rêveur, gamin boiteux les mains pleines, c’est pas Dieu possible. 

 

    Bref, il a rendu son tablier de cuir et posé son marteau. Il vous salue très affectueusement - c’était un grand sensible, un incorrigible sentimental. Les mal armés ou sous-armés dans son genre sont un peu ridicules mais sincères en général. Ce qui lui fait une belle jambe.

 

      Dominique Chaussois devrait le remplacer. Mais pas tout de suite. Sera-t-il à la hauteur? Pas sûr. Nous verrons bien, vous verrez bien.

 

 

 

 

 

Repost 0
4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 19:16

 

Né sous X


 

img575

 

 

      Je ne sais pas pourquoi je me suis arrêté tout à l’heure sur cette petite gravure extraite du Livre des Etrennes pour l’année 1889. Si, sûrement pour dire quelque chose comme : Décidément les temps ont changé. Pas question de sous-entendre par là que nos jeunes polytechniciens(ciennes) se désintéresseraient des pauvres. Ce qui m’a sans doute amusé c’est d’imaginer la même scène  transposée aujourd’hui, dans l’une de nos cités “défavorisées” par exemple. (Si vous connaissez une cité particulièrement “favorisée”, n’hésitez pas à me le faire savoir, je m’inscris de suite sur la liste d’attente). 


     Je ne sais pas ce qu’il en est de nos jours du stage ouvrier de deux mois que le jeune polytechnicien devait effectuer à la sortie de l’Ecole. L’ouvrier français se faisant rare, peut-être est-il lui aussi, ce stage, délocalisé en Chine ou en Inde. 


     Mon père avait effectué le sien, c’était avant-guerre, à la R.A.T.P. Il nous racontait le bon souvenir qu’il en avait toujours conservé, le meilleur étant celui d’avoir pu conduire une rame de métro pendant quelque temps. Quel enfant n’en n’a jamais rêvé? (Ce qui tendrait à prouver que la façon la plus sûre de réaliser ses rêves d’enfants soit de passer d’abord par l’Ecole Polytechnique...)


     J’ai connu connu un autre X, un peu tête en l’air si je puis dire, d’une génération plus récente, jeune ingénieur de l’Armée de l’air à l’époque. Tenu de passer son brevet de pilote, puis d’effectuer une certain nombre d’heures de vol chaque année, les instructeurs en avaient tous une peur bleue. L’un d’eux, après un vol particulièrement périlleux j’imagine, avait même fini par lui signifier qu’il était désormais inutile qu’il risquât sa peau, la sienne propre, et celle de l’avion, qu’il pouvait rentrer chez lui tranquille, y rester surtout, son quota d’heure de vol serait dorénavant signé et contresigné les yeux fermés et ad vitam par lui et toute la base s’il le fallait. 

 

(Que de belles histoires! La semaine prochaine, après X, ne manquez pas Y et Z!)

 

 


Repost 0
1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 18:22

Ceux qui perdent la foi 

 

bd-1065.JPG

 

“Ceux qui perdent la foi” est le titre d’un ouvrage d’un certain Maurice Bellet, jésuite je crois, contre qui j’avais une dent à l’époque où je l’avais lu, pour cette petite phrase : “Ceux qui ont perdu la foi, c’est qu’ils ne l’ont jamais eue”. Le postulat de départ était par avance sans ambiguïté : puisque Dieu seul donne la foi (comme toute chose ici-bas) soit il la donne - et la reprend si ça lui chante, c’est la “nuit mystique” - soit il ne l’a jamais donnée au quidam qui s’imagine croire mais se fourre complètement le doigt dans l’œil. 

Bref, c’est en allant vendre quelques cartons de livres religieux, que je traîne avec moi depuis des années sans plus les ouvrir jamais, que je me suis souvenu de cette phrase assassine. L’affaire conclue, je cause un moment avec ce libraire fort sympathique. Des grands théologiens français, la conversation en vient naturellement à l’ordre de Saint Dominique.  

Je lui raconte alors cette triste histoire qui m’avait fortement marquée, celle de ce frère dominicain qui, après avoir passé quelques années dans les favelas de Rio de Janeiro (dans les années quatre-vingt), fut arrêté, emprisonné, torturé, dans les conditions et avec la violence que l’on imagine, avant d’être expulsé vers la France où sa communauté l’accueillit très fraternellement. Mais rien n’y fit. Le jeune dominicain finit par se suicider. Ce dont se souvenaient ceux qui l’avaient accompagné dans cette descente aux enfers, c’est que Dieu n’était plus en question chez cet homme : Il était même devenu pour ainsi dire hors sujet. C’était sa foi en l’Homme qu’il avait perdue. A jamais. 

A ma connaissance, rares sont ceux qui mettent fin à leurs jours pour avoir perdu la foi en Dieu. Il existe peu de statistiques sur le sujet j’imagine. En revanche, je comprends très bien que perdre à ce point la foi en l’homme puisse être la fin de tout. (Je ne parle pas ici des déçus de l’humanité qui se seraient bercés d’illusions à son sujet.) 

“Le monde n’est pas tel qu’il est, il est tel que nous le faisons, tel que je le fais.” Et il m’arrive parfois de me demander combien de proches ou de lointains ai-je blessés, ignorés. Et aussi, qui ai-je tué ou laissé mourir? 

Mais après tout, pourquoi pas, qui me tue moi, qui m’assassine? 

 

 

 (Ces dimanches après-midi sont décidément d’une folle gaieté...)

 

 

 

 

Repost 0
18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 16:28

Sans moi

 

LES-PROMENADES 1828


        Un ami (en réalité une amie mais on va encore me reprocher d’être trop bon avec les femmes) me répète à l’envi : “Comment? tu habites à moins de cinq minutes du jardin du Luxembourg et tu n’y mets jamais les pieds! Mais va donc y prendre un peu l’air!”
     L’autre jour donc, c’était il y a deux ans ça me revient maintenant, j’ai fait une tentative. L'ultime. La barrette de Lexomil sous la langue, quelques autres en réserve dans la poche, je me suis avancé. Comme je l’avais prévu, comme je le savais, les grilles à peine franchies, catastrophe!

    Le Père Lachaise ne m’aurait pas fait meilleur effet. Que dis-je! Au contraire, je m'y serais bien amusé au moins. Il s'y passe toujours quelque chose, il y a du passage comme on dit, et c'est bien le diable si deux ou trois mortels n'y partent pas quotidiennement en fumée, si l'on n'y croise pas quelques processions, chacune trimballant sa poussière chérie jusqu'en terre promise. 


LES-PROMENADES 1836
LES-PROMENADES 1823


LES-PROMENADES 1829

 

LES-PROMENADES 1834

 

      Ce que ces ami(e)s ignorent, ou feignent d'ignorer, c'est que j'y possède déjà ma sépulture dans ce jardin du Luxembourg. Ils ignorent à quel point et combien de fois j'ai dû y enterrer ma vie d'enfant au soleil, en tours de manège grotesque, en dimanches pluvieux, en passe-montagne qui gratte, en gants laine trempés oubliés quelque part entre la banquette de l'autobus et le toboggan pour les grands...


PICT0012 10

    "Guignol salaud! Le peuple aura ta peau!", c'est toujours ce que je gueule dans ma gorge quand je traverse ce champ de bataille en soldat perdu, ce terrain vague d'une défaite annoncée où je demeure heureusement le seul et dernier fantôme, les enfants d'aujourd'hui semblant l'avoir déserté. Pas fous ceux-là.

 



Repost 0
14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 18:29

 

14 juillet 1971 


      J'ai défilé sur les Champs-Elysées. Ça n'est pas rien. Même si je faisais figure d'"ancien" (avec mes douze ou seize "petits" sauts) au sein de ce détachement de la P.M. Para (Préparation Militaire Parachutiste),  même si nous savions tous marcher au pas, défiler sur les Champs, c'est une toute autre affaire. Il semble que nous nous en soyons bien sortis puisque nous avons été chaleureusement applaudis. Tout ceci on ne le goûte pleinement qu'après coup. Parce que sur le moment, après quatre heures d'attente, on ne pense qu'à garder l'alignement, ne pas shooter dans les talonnettes métalliques que les précédents ont perdu en cours de route, on pense que si l'on trébuche, même à peine, on est déshonoré à vie, etc...

 

img493

img494

 

     Je ne crois pas que j'évoquerais ce souvenir si je n'avais assisté ce matin à l'incroyable : mon régiment, le 13ème Régiment de Dragons Parachutistes, défilant sur les Champs-Elysées. Une première à ma connaissance. Même grimés comme des "filles de joie", dissimulés derrière un rideau de pluie providentiel, le fait est tout de même remarquable. Pour vous donner une idée, cela reviendrait à peu près à faire défiler nos agents secrets avec des loups sur le visage. Mais étaient-ce bien des petits gars du 13? Après tout...

 

KOLWESI 215

("En attendant les belges". A l'attention de Luc L.)

         

        Je sais que vous vous étonnez parfois de mon intérêt pour ces affaires militaires. Ce qui m'étonne toujours, personnellement, c'est de retrouver ces archives - le programme officiel du défilé 1971 - grâce à l'incroyable minutie avec laquelle mon défunt père tenait ses dossiers, nous gardant de "côté" ces papiers, dessins, lettres, etc... Sans ces archives, je n'aurais évidemment pas eu l'idée ni l'envie de vous souffler mot de cet "exploit"! Et puis, comme je le soulignais encore récemment, pouvoir ennuyer son auditoire avec des souvenirs d'ancien combattant, j'en ai tant rêvé!


 

Repost 0
29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 16:56

Dernière minute 

       Plus question de vendre mes bons points. (Voir plus bas.) Je viens d'apprendre que je risque d'en avoir grand besoin si je veux réussir mon nouveau départ dans la vie grâce à ma Pimponmobile toute neuve! (Dont la paternité, si je puis dire - mais tout bien réfléchi, ce diable d'homme étant capable d'engendrer à peu près n'importe quoi,  pourquoi pas un voiture de pompiers? -,  revient au formidable Luc que tout le monde connaît ici mais cela mieux en le disant.)

 

APEPentaro-01

 

      C'est un chouette semi-remorque pour pompier solitaire à l'usage des petits feux de pailles. Je commence dès cet après-midi l'entraînement - après avoir lu le mode d'emploi, faut pas que j'oublie - en mettant le feu à ma corbeille à papiers, j'attends seulement qu'il fasse moins chaud. (J'ai oublié de préciser que c'était une voiture de pompier pour demi-saison fraîche.)

 

 

bons points

 

img281 2

 
   
      Un mien ami, oui on peut dire ça, un "ancien" comme on dit chez nous, un gars de la Sûreté Nationale pourtant, m’a mis en tête une idée qui y trotte depuis et fait son chemin. Curieux comme certains de mes neurones peuvent se mettre à fonctionner, rien qu’à la demande.
        Bref, si je savais comment m’y prendre, je vendrais volontiers mes bons points à certains d’entre vous, assez de bretons et de normands pour m'assurer une clientèle fidèle - "certains" et non “certaines", si l’on en croit les statistiques, mais les statistiques n’est-ce pas on sait ce qu’on doit en penser.
        J’ai donc exhumé mon permis de conduire pour savoir à combien pouvait se monter la petite fortune qui dormait là depuis des années. (Ecologiste avant l’heure, j’ai vendu ma voiture  neuve il y a... quinze ans? plus de quinze ans! Si ça se trouve je dois même avoir des points verts quelque part, des bons d’essence, et même des tickets de pain puisque je me suis mis au régime depuis... pfff...
       Mais enfin, vu la “gueule” du permis, je me demande si je n’en tirerais pas  plus d'argent en m’adressant directement aux Archives nationales.


img387

 

       Quant à ma carte SN (“Service National”, un truc de citoyen, à l’époque où le mot signifiait encore quelque chose), je ne la vendrai jamais. Et pourtant, comme disait le général X: “Y en a qui aimeraient bien l’avoir de la couleur de leur burnous!”. La deuxième partie de cette carte, je ne la montre pas, elle comporte des chiffres, des numéros, que je préfère garder à l’abri des regards. (Bien que déjà, quelques années avant 1972, le K.G.B. possédât les listes complètes des appelés du 13ème R.D.P. C’est ainsi que des routiers se faisaient très régulièrement arrêter aux frontières de l’ex-URSS, leur semi-remorque désossé, au point qu’il fallut revoir en haut lieu les techniques d’exfiltration. Un livre ne suffirait pas à énumérer les trahisons des communistes français, c’est un fait historique, point final.)
    Je m’en tiens là. Pour la suite, pour mes conférences et autres récits, je dois attendre encore au moins trente ans quel dommage! Car je m’aperçois tout en écrivant que je parviens à faire le vieux c... très bien, qu’encore un peu et me voilà parti pour l’histoire exhaustive des services secrets français. Quel dommage pour moi seulement, je reste lucide.

 

Nota bene : La photo figurant sur la carte SN était prise dès les tous premiers jours de l'incorporation. Ce pourquoi on avaient l'air de bébés. Après, c'est fou ce qu'on change sous ces climats...

 


Repost 0
23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 17:54

Le château de mon grand-père (1)

 

img352

Etablissement de Sirandan. Hautes Pyrénées. (vers 1850?)

 

        Une des rarissimes gravures - il en existe une seconde - de Siradan les bains. Une des chances de cette région a été sans aucun doute cette mode, un peu plus qu’une mode bien sûr, d’aller prendre les eaux - curieuse idée tout de même - dans les Pyrénées. Grâce en partie à l’incroyable publicité qu’en faisaient dans leurs ouvrages les premiers voyageurs anglais du début du XIXème siècle. (Ces livres d’ailleurs, comptent parmi les plus beaux du genre.) Or, cette vallée, de Saint Bertrand de Comminges jusqu’à Luchon, soit une trentaine de kilomètres, possédait cet inestimable atout de compter un établissement thermale tous les cinq cents mètres, toutes loin de là n’ont pas survécu, celui de Siradan dont il ne reste rien aujourd’hui sauf un parc splendide (au premier plan) plantés d’arbres plus que centenaires maintenant. Il a été remplacé par un sanatorium ultramoderne dans les années cinquante je crois. Les emplois, autre époque, ont donc été préservés, de même qu'ont survécu longtemps les deux petits hôtels que comptait le village ainsi que ses nombreux  commerces  jusqu’à la fin des années soixante-dix ou quatre-vingt.
       Jusque là c’est passionnant, j’en ai des frissons dans le dos. Je dis cela pour voir si l’on suit.
      Mes grands-parents donc, maternels, ont pris leur retraite dans une belle demeure, que je me suis obstiné longtemps à prendre pour un château, que des ancêtres las des étés de Provence, avaient fait construire pour prendre le frais. Et ils étaient servis, les étés en montagne étant chaud et ensoleillé mais extrêmement pluvieux aussi.
    Je me demande tout en écrivant si je ne vais pas me lancer dans une saga familiale. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, je peux tenir l'été. Un bon ami à moi m’a fait récemment remarqué que je devenais “gaga”, je m’en doutais un peu mais ça n’est pas pour me déplaire depuis le temps que je rêve d’emmerder les petits-enfants, que je n’ai pas, avec des histoires à leur raconter, de préférence quand il fait beau et que l’eau de la piscine est délicieuse. L’élément indispensable à cette torture raffinée de la progéniture, toutes générations confondues, qui me manque hélas, étant qu’il y ait un héritage en vue, si possible un gros, car alors on peut aisément atteindre le chef d’œuvre.
    Le château que vous apercevez sur cette gravure, à droite au fond, dont le parc n’était séparé du nôtre que par une petite route qui menait vers le haut du village, était un vrai château, pour mon plus grand malheur lorsque je dus me rendre à l’évidence. Le château de mon grand-père, j’ai un mal de chien à me débarrasser de mes illusions, même quarante ans après - sur la même gravure -, est caché par le clocher de l’église et cette rangée de peupliers qui n'a rien à faire là. Volontairement je pense, la noblesse supportant mal d’être défiée par de riches industriels. Riches, pas assez longtemps à mon goût mais c’est une autre histoire.
    En effet, mon grand-père Joseph Ferran, avant lui son père, était issu d’une famille d’éditeurs de livres, scolaires essentiellement, fabricants de cahiers, de papiers à lettres, et d’enveloppes. On imagine la suite. D’ailleurs je me demande pourquoi je m’escrime sur un texte au lieu de balancer trois liens et d’aller bronzer en terrasse.

 

img356

img334

Le calendrier Ferran Jeune, retrouvé dans la Maison Comet.

img358

Janvier 1915

img357

La légende voulait que cette jeune gardienne de chèvres ornant le même calendrier soit l'une de mes arrières grands-mères.  A cause d'un vague air de famille en effet...



(à suivre... si si!)

Repost 0
22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 16:44

 

Question de colle

 

img347

(de Comminges)


       Parmi mes premiers petits "boulots", j’avais presque oublié que j’avais été, très peu de temps - celui nécessaire à maîtriser à peu près la technique avant de trouver plus lucratif -, coloriste de gravures. Cela dit, j’ai souvenir d’en avoir vendues quelques-unes de ces gravures “coloris d’époque”. (Il faut savoir que la quasi totalité des gravures en couleurs proposées par les marchands pourrait  comporter la mention “peinture fraîche”, certaines séries n’ayant d’ailleurs jamais été coloriées en leur temps.)
      La principale difficulté, entre autres, résidait dans un encollage parfait du papier, celui-ci ne supportant pas l’aquarelle, la “buvant” aussitôt plus ou moins avidement. Sur cette petite gravure que je viens de retrouver, un des mes essais j’imagine, on voit d’ailleurs que le ciel est fichu d’avance, n’étant pas  uniformément encollé. (La recette d’ailleurs se transmettait de père en fils ou plutôt de mère en fille, puisque ce métier n’était souvent qu’un appoint dans le budget familial.)
     Métier en voie de disparition, les seuls employeurs étant, sont  toujours, les marchands de gravures, qui perpétuent ainsi, à petite échelle, la tradition des imprimeurs, éditeurs d’estampes, d’images pieuses, et autres. Dès la fin du XVIème siècle, je crois, les imprimeurs avaient déjà compris l’attrait des riches acheteurs pour la couleur. Avant la reliure donc, les gravures - cartes de géographie, planches d’anatomie - passaient par un atelier de coloristes. J’imagine que ces ateliers ressemblaient un peu à ceux des porcelainiers lorsque le décor des assiettes était fait à la main. Des gestes rapides, précis, parfaits... (Un bon coloriste étant un peu plus que cela puisqu'il est censé ne pas se tromper sur la couleur des toitures, de la végétation, des costumes civils ou militaires.)
    Voici quelques exemples - bien qu’il reste très difficile de dater un coloriage s’il n’est pas confirmé par une bibliographie quelconque, la technique du “gommage”  (une sorte de vernis appliqué sur les couleurs foncées) qui peut être un bon signe ayant perduré longtemps, perdure peut-être encore aujourd’hui.

 

img350

img349

img351

 

      Au passage, cet humour à l'usage du bourgeois semble passablement poussiéreux et malodorant. De quoi me faire croire au progrès de l'Histoire, ce qu'à Dieu ne plaise...



Repost 0
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 19:25

Culture du navet intensif

       Comment ces deux beaux navets de série Z ont-ils pu se glisser dans ma précieuse dévédéthèque, voilà qui ne laisse pas de m’étonner. Certes, je confesse volontiers mon goût immodéré pour le cinéma hollywoodien, ses acteurs, ses réalisateurs, ses directeurs de la photo, et les autres, mais de là à sombrer dans ce moins que rien de cinéma, non. Evidemment non!


img343

img344


   
     Bref, ces deux navets - car j’ai pris la peine de les visionner, en accéléré très très rapide n’exagérons rien, ce, bien qu’ils contiennent largement de quoi passer une bonne soirée entre amis - m’ont rappelés les visites que nous faisions au Marché du film à Cannes, l’endroit à coup sûr le plus convivial du festival - notamment par temps de pluie. Côtoyant les majors américaines et autres grands distributeurs, les stands des producteurs de série Z valaient franchement le détour et nous ne manquions jamais de les visiter. Flirtant toujours avec l’escroquerie, ces drôles se remplissaient les poches avec des films tournés en Camargue, en Espagne, ou ailleurs, en tout cas partout sauf dans les décors supposés. Les hélicoptères, chars d’assaut, monstres en tout genre, et autres robots figurant sur les jaquettes n’existaient que sur la bande son et encore! Peu importe, cela se vendait comme des petits pains aux professionnels, bien évidemment pas dupes eux. Lesquels professionnels s’empressaient, je suppose, de faire peindre des affiches à peu près identiques aux dites jaquettes. Qu’importe, tant que le bidasse paumé quelque part dans une ville de garnison passait une bonne soirée. 

        Et si j’en crois mes yeux et ces deux dévédés, les affaires continuent!

 

 

Repost 0
23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 12:33

Estelle

 

img293

    A l'époque, je n'avais même plus d'appareil photo (un Nikon que j'utilisais essentiellement pour les repérages et que je m'étais fait faucher dans des circonstances douteuses) et j'ai donc pris cette série de photos dans l'urgence avec un appareil non pas jetable mais presque.

     Tout cela pour dire : ne gardez rien, n'ouvrez pas les boîtes ni les cartons. Tout jeter.

    Tout cela pour dire : ce cadeau que peuvent offrir certaines jeunes filles - ou jeunes femmes puisque Estelle était majeure bien sûr -, cette empreinte de joie et de lumière qu'elles peuvent laisser à jamais dans le ciel d'un vieux crâne. Empreinte pudique car il n'y eut jamais moins que ce... je ne sais plus comment cela s'appelle, c'est en anglais.

   Tout cela pour dire : cette générosité qu'il faut avoir au cœur, cette fierté peut-être aussi de son corps.

  (Inutile d'ajouter qu'il ne s'est "rien passé" entre nous. J'adore cette expression rapportée à une rencontre dont je parle vingt ans après!)

 

 

img295

img294

img296

img297

 

     Estelle, si tu vois ces photos, qu'elles te rendent furieuse, ne m'en veux pas et dis-le moi vite. Pour ma part, je t'imagine épanouie,  heureuse, comblée par la vie, les enfants courant partout, le mari encore étonné... Tu le mérites un million de fois. Je t'embrasse.

 

 

Repost 0