Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:43

Comment je suis devenu éthéromane (léger)

 

 

img140

 

     Tout a commencé par une ablation des amygdales. J’avais huit ans. « Ablation » pour éviter de parler d’une opération, j’imagine. Et en effet, la confiance régnant encore à cette époque, dans mon esprit cette ablation ne devait guère être plus déplaisante qu’une partie de plaisir chez le dentiste.

     Me voilà donc dans une salle d’ablation, assis sur les genoux d’un sacré gaillard d’infirmier. D’emblée, cette sorte de familiarité m’a paru suspecte. Trop tard : gentiment mais fermement maintenu face au chirurgien, voilà qu’on me colle un masque sur le visage. L’odeur était bien connue en ce temps-là, elle empestait tous les couloirs de toutes les cliniques et hôpitaux du monde. Face à un public attentif – c’est fou ce qu’il pouvait y avoir de blouses blanches autour de moi à croire qu’il allait se passer quelque chose de chirurgicalement exceptionnel – je suivais docilement les instructions : je respirais bien à fond, une fois, deux , trois fois… Entre deux bouffées, je sentais le métal de l’ouvre-bouche me rentrer douloureusement dans le palais, les os de ma mâchoire prêts à céder. Je redoublais donc d’efforts, prêt à bouffer ce fichu masque pour faire cesser cette torture.

    Ensuite rideau... étant fort à propos tombé dans le pommes. Puis réveillé par des « Dominique ! Dominique ! Il faut se réveiller mon garçon ! » J’ouvre un œil puis l’autre sur des visages bienveillants, avant que mon regard ne tombe sur la cuvette posée devant moi : ce que j’y ai vu alors, flottant dans un bain de sang aurait dû me faire tourner de l’œil. Etrange quand j’y repense de m’avoir laissé "ça" sous le nez…

    Bref ! Fort donc de cette expérience, bien conscient à partir de ce jour des effets anesthésiants de l’éther, je fis par la suite plusieurs fois appel à ses vertus, de moi seul connues pensais-je, pour des interventions graves seulement telles que épines d’oursins dans le pied, échardes, coup de marteau sur les doigts, etc. Jusqu’à ce que ma mère, alertée par une trop forte odeur d’éther (même si celui-ci, avant d’être interdit à la vente, était couramment utilisé dans les familles pour soigner les bobos), finisse par mettre le holà.

     Je ne me souviens pas avoir subi les conséquences pénibles d’un sevrage aussi brutal, ces fameux "manques". Pour la bonne raison sans doute que je découvris peu après les vertus toutes aussi bénéfiques d’autres produits, tel le vin de porto par exemple qu’un soir je bus en abondance tandis que mes parents finissaient de dîner avec leurs invités. Quand j’y pense c’est fou ce que ces gens pouvaient gaspiller tout de même : un tel régal de rois, de ce délicieux velours sucré laissé en abondance au fond de leur melon au porto.

    Ma réputation? Excellente, pourquoi? 

 

img141

 

 

 

Repost 0
24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 13:11


 img663 copie

 

 

 

    La boîte à gants de ma maman, où elle rangeait devinez quoi ses gants, ceux en peau précieuse des grands soirs, eh bien c’est moi qui l’ai. La boîte est vide à présent, les gants se sont envolés. (Peut-être à la manière dont on imite, pour un enfant, le vol d’un oiseau, en croisant les mains, les pouces accrochés l’un à l’autre?)

 

   La boîte à gants est vide, où plus rien ne repose. Pas même les fantômes toujours inadéquats des mains qui ont laissé échapper les cartes. Les fantômes ne prennent pas de gants, ils s’enfuient à mains nues effacées, insaisissables à jamais.

 

   (Remplir la boîte de clous rouillés tordus. Empêcher la main d’aller pour tâtonner dans le vide immense?)


 

img659

La boîte à gants (détail)

 

 

      Ne me remerciez pas, je vous épargne ainsi une méchante tartine de souvenirs d'enfance...

 


 

Repost 0
15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 17:34

faire-part

 

img059

(De gauche à droite en commençant par le haut: ...)

 

    Je reçois ce matin ce faire-part de naissance adressé par mon neveu S., l’un des mes préférés (tous préférés), jeune et heureux marié. Me doutant un peu de la bonne nouvelle, je m’attends au portrait de ces petites choses rougeâtres et baveuses dont on nous gratifie d’ordinaire. Et là... l’émotion est telle que j’ai un mal de chien à les compter. D’ailleurs je n’y parviens pas et c’est agaçant. Comme toujours dans ces moments de vives contrariétés, je vais m’allonger deux minutes avant d’envisager de reprendre le problème à zéro. Deux minutes parfois, ça n’est pas suffisant. 

     Mais là, c’est différent : je veux savoir. Bref, me voilà de retour à mon bureau, frais et dispos, à les compter, les recompter, les pointer, les numéroter, la même manœuvre en m’aidant de mes doigts avec cette peur au ventre de ne pas en avoir assez, tenter une addition de gauche à droite, puis de haut en bas, sans oublier de poser je ne sais pas quoi et de retenir rien du tout, puis multiplication par trois. Rien. Comme d’habitude je ne tombe jamais sur le même chiffre. Jusqu’à ce que je remette la main sur ma calculette qui me donne enfin la bonne réponse, soit neuf euros.

    Neuf! Neuf, n’est-ce pas? Nous sommes bien d’accord?! (Autre question : comment appelle-t-on une telle portée? Les chiffres impairs m’ont toujours posé problèmes, du moins un peu plus que les autres.)

   Bien sûr, ce sont les parents qui ont dû être les premiers surpris puisque dans leur émotion ils les ont tous appelés P., un très joli nom de fille. Ce ne serait donc pas des bébés mais des petites filles. Le même prénom pour les neuf trognonnes, je l’avoue, ça m’arrange plutôt, avec ma mémoire. (J’imagine que par la suite, ils verront tout l’intérêt et le côté pratique des petits 1, petits a, petit b, b’, b’’, etc.)

   Sinon, les cadeaux. Là en revanche, ça m’arrange moins. Je vais faire comme d’habitude : renvoyer le tout à l’expéditeur avec la mention “N’habite plus à l’adresse indiquée”. Toujours un peu de temps de gagné (celui nécessaire pour dépouiller quelques landaus dans les jardins publiques quelle vie.)

    Peu importe, toutes mes félicitations au père et à la mère - que je connais pas, quelle honte.

 

 

 

Repost 0
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 18:24

je vous présente "mes" filles

 

img026

(Photo d'époque. Qualité "jetable")

 

     Voilà quelques années, j’ai eu le bonheur d’avoir une famille d’occasion. Celle qui fait le larron. Le hasard des rencontres.

    Une première – et sans doute une dernière – pour moi : une jeune femme « fraîchement » divorcée qui avait deux petites filles.

        Je n’ai pas réfléchi. Pourquoi l’aurais-je fait d’ailleurs ?

      Passés trois mois en enfer, durant lesquels j’ai cru vieillir de dix ans, le petites filles m’ont adopté – à leur façon. C’est terrible d’être adopté par des enfants, c’est pire que tout, que le mariage par exemple. Maintenant qu’elles sont « grandes », je peux les en remercier.

      La plus jeune M… était aussi la plus coquine, sa grande sœur lui soufflant toutes les bêtises possibles pour me faire tourner en bourrique et c’était bingo à chaque fois ! Il faut dire qu’elles n’avaient peur de rien. Vraiment de rien.

      Je crois que tout a changé lorsque, au terme d’une course-poursuite dont j’ai bien cru ne jamais voir la fin, j’ai envoyé, dans la foulée, sans penser, sans réfléchir, une claque magnifique sur la fesse de M… Laquelle s’est arrêtée net, m’a foudroyé du regard, un regard étrange, étonné peut-être, crime de lèse-majesté sûrement, et j’ai éclaté de rire, et… elle aussi! (Une heure du matin dans un appartement parisien, les voisins du dessous, du dessus…)

      De ce jour, M… est devenue ma petite fille adorée. Je l’accompagnais à la crèche,  allais la chercher, la prenait dans mes bras pour monter et descendre les quatre étages… Des choses assez simples en somme pour un père mais très nouvelles pour moi. L’aînée était toute aussi gentille mais restait d’une certaine façon plus fidèle à son père. Cette fidélité, je ne la comprenais que trop bien. Car j’y pensais souvent au père lorsqu’une de ses filles me sautait dans les bras...

     C’est la mère qui nous a séparés. (Ou moi-même ou la vie, là n'est pas la question.) C’est ainsi. Nous nous sommes revus régulièrement tous les quatre. Puis j’ai préféré ne plus.

 img026 copie

 

img027

(Devinette : des trois laquelle est la mère? Ce n'est pas évident tout de même.)


img028

(Le pater d'occase. Du sérieux, de l'autorité, et... L'adorable p'tit bout d'chou à gauche nous recevait.)


 

Je m'aperçois que je suis en train d'écrire mes mémoires et de raconter ma vie. Pas bon signe ça... Se reprendre ou faire une pause. (En réalité, une façon de saluer "mes" petites filles bien-sûr.)

 


 

 

Repost 0
19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 16:45

Quand je mourira...


img006

(C.A. Jensen - 1836)

 


Tu serais triste si je mourais ?

Si je mourais maintenant, tu serais triste ?

Combien ?

Comment ?

Un peu beaucoup ?

Comment tu serais triste ?

Avec beaucoup de peine ? Tu pleureras ? longtemps ?

Tu auras combien de chagrins ? combien en tout ?

Tu joueras encore après ? Même après ? 

Tu riras après ? comme avant ?

Tu feras des bêtises? Encore? 

 

     J’ignore si beaucoup d’enfants jouent encore à ce « jeu ». Je crois que non et c’est heureux. Car, sans tomber dans une psychanalyse à trois sous, il est évident que l’apparition de ces questions dans la bouche d’un enfant n’est pas un excellent signe de son bien-être au monde. Ou tout au moins, que ses proches, le père et la mère essentiellement, n’ont pas réussi à assurer leur enfant de la légitimité, ni même de la sûreté de son existence, ni à le rassurer suffisamment sur la solidité des liens affectifs qui l’unissent à eux, à la fratrie, à la tribu, à la société.

    Quoiqu'il en soit cette question/jeu, un temps au moins, nous nous la sommes posés les uns aux autres. J'ai longtemps mis cette inquiétude sur l'atmosphère qui régnait alors dans les dernières années de l'Algérie française. Certes, j'ai assisté à quelques spectacles auxquels aucun enfant ne devrait assister. Mais c'est insuffisant bien sûr. Parce qu'alors, qu'en est-il des enfants de Gaza, d'Irak, de Kaboul, d'Afrique, et d'ailleurs ?

    En réalité, c'est ce portrait d'un enfant vêtu de sa blouse d'écolier (?), tirant de son fourreau un sabre de cavalerie, qui m'a fait me souvenir de ces questions lointaines. (Le sont-elles à ce point d'ailleurs?) Son visage est non pas sans expression mais son regard au moins semble perdu ailleurs. Ailleurs. C'est le regard d'un enfant qui n'est pas entièrement, complètement, au monde. Cet enfant sait quelque chose, lui-même ignore sans doute quoi. 


 

Repost 0
8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 17:59

ma première "vraie" voiture

 

img641

(Mon garage privé. Debout devant la plus petite roue, mon chef mécanicien)

 

     Très tôt, disons vers l'âge de sept ans, l'âge raison donc, j'eus la folie des grandeurs. Il faut dire qu'après avoir découvert ces monstres d'acier, des tracteurs électriques capables de tirer des charrues d'une taille tout aussi impressionnante (voir ci-dessous), les petites voitures ne m'intéressaient plus. Parvenir à grimper jusqu'aux commandes constituait déjà un exploit en soi. D'ailleurs les employés qui passaient par là n'aimaient pas trop voir le fils du patron s'amuser là, un accident étant si vite arrivé. Mais la plupart du temps je parvenais à dompter la machine et m'en aller à toute vapeur à travers les immensités de l'Afrique. La tenue de route, ainsi que la vitesse de pointe (160 km/h), laissaient à désirer mais avec un peu d'entraînement je parvenais à effectuer d'assez jolis parcours, et ce malgré les indiens qui tentaient de m'arrêter.

         (Ces engins, construits bien avant guerre, la seconde, étaient réformés depuis longtemps, remplacés par des tracteurs diesel à chenilles. A l'époque, il avait été convenu que la traction électrique revenait moins chère puisque plusieurs barrages fournissaient une énergie à faible coup.)

 

 

img644

 

       Pour les connaisseurs, il ne s'agit pas d'une charrue mais d'une défonceuse de sol. Cette préparation du sol était indispensable avant les labours traditionnels. D'une manière générale, les agriculteurs métropolitains ou pieds-noirs avaient tout intérêt à bien connaître la nature des sols s'ils espéraient y faire pousser quoique ce soit. (Pus tard, après l'indépendance de l'Algérie, des rapatriés achetèrent pour une bouchée de pain des terres réputées incultivables dans le midi de la France. Les locaux se gaussaient et se réjouissaient du bon tour joué à ces sales colons. Sauf que cinq ans plus tard, les vergers commençaient à donner du fruit en abondance. Il suffisait de savoir que sous une épaisseur d'une dizaine de centimètres de roches la terre n'attendaient que de voir le jour. (Je ne citerai pas de régions pour ne vexer personne.)


img642

(Mon papa, Pierre Chaussois, directeur général, au centre, celui qui signe tout, tout, même mon carnet de notes, surtout mon carnet de notes.)

 

       A peu près dès la fin de la guerre, vers 1946 je crois, mon père, pourtant appelé à une toute autre carrière, se vit détaché auprès de la Seita avec pour mission de remettre en ordre de marche ces immenses coopératives de la région de Bône, aujourd'hui Annaba, qui avaient été laissées à l'abandon ou à peu près durant toute l'occupation allemande. (Dans le but d'empêcher les troupes américaines de débarquer du matériel lourd, le port et une partie de la ville avaient été bombardés par les allemands, quelques centaines de morts parmi les civils tout de même et dix fois plus de blessés. Ce Rommel qui a tenté de se racheter une conduite par la suite, c'est à peine si on ne le prend pas pour un martyr maintenant, comme nombre de ces maréchaux prussiens d'ailleurs.)

 

img645

(L'immeuble abritant les bureaux des coopératives de Bône. Très exceptionnellement, je rendais visite à mon père, j'étais le fils du patron. Le plus fascinant pour moi était ces fontaines d'eau fraîche dans les couloirs, qu'on pouvait boire à volonté à condition de savoir se hisser sur la pointe des pieds et d'ouvrir grand la bouche.)

 

img646

(Les docks de la Tabacoop où il n'était pas question de jouer. Chaque balle de tabac pesait une tonne ou plus et le moindre incendie eut été une catastrophe. Peu importe, il existait bien d'autres endroits passionnants, comme l'atelier de menuiserie par exemple.)


img649

(La clinique Sainte Thérèse où j'ai vu le jour. Monument historique donc. Cette clinique fut l'une des premières, trente ans avant la métropole à être entièrement financée par la Caisse mutuelle agricole de Bône. Certes, le nom sonnait fort peu musulman...)


img647

(Où l'on voit que la Seita, mais aussi le français bien-pensant toujours prompt à insulter les pieds-noirs et les arabes, ont bien profité tout de même de l'Algérie française. Pas de politique! pas de politique!)

 

      Si je parle avec une certaine fierté de cette coopérative, - en réalité il y avait plusieurs produisant du coton, des tomates, du blé, ainsi que des fermes laitières qui n'avaient pas d'équivalent en métropole - c'est qu'elle a contribué pour une bonne part à élever le niveau de vie des petits planteurs et paysans musulmans. Au contraire peut-on dire de ces grandes propriétés privées appartenant à des riches familles résidant souvent en métropole et qui ont été confortablement indemnisées lors de l'indépendance.

    Quant à mon père, il était si passionné par sa tâche qu'il a renouvelé son contrat avec la SEITA, au titre de la coopération cette fois. Mal lui en a pris car Bône fut le théâtre d'âpres rivalités entre deux "bandes" FLN, ceux qui s'étaient battus sur place, non sans vaillance, et ceux de l'extérieur réfugiés en Tunisie ou ailleurs. L'enjeu était en partie la préfecture de Bône. Mon père qui avait conservé une grande estime auprès de la population fut donc pris entre deux feux et ce n'est pas là qu'une image puisqu'il fut contraint de s'enfuir pour regagner la France, ce dans des conditions rocambolesques!

 

La seule vraie patrie, c'est l'enfance. (D'après André Frénaud?)

 


 

 

Repost 0
2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 17:05

Minuit aujourd'hui

 

SEPTEMBRE-2010 0782

(copyright D.Ch.)

 

      Tout le monde a en tête la célèbre photo de ces grands auteurs des Editions de Minuit, Beckett et compagnie, réunis devant l’entrée de l’immeuble de la rue Bernard-Palissy. C’est en pensant à elle que j’ai tenté de sauver celle ci-dessus, toute aussi historique, de ces trois autres grands auteurs, contemporains ceux-là et comment, réunis pour la première fois - je crois.

 

       La sauver a été difficile, un peu de gymnastique sur photoshop, pas mon fort, et le résultat est là : une photo qui ne vaut que pour sa rareté, un peu comme celle de Blanchot que l’on croit apercevoir, que l’on est bien obligé de reconnaître dans cette silhouette quasi anonyme dans une rue de Paris.

 

     Il se trouve que ces trois grands ont été aussi mes parrains de blog. (Manque la marraine mais alors celle-ci celle-ci alors pour l’attraper même en ombre chinoise...)

 

(Ce qui m’amène soudain à me demander si ces trois auteurs sont si satisfaits que ça de se voir en peinture ici. Qu’ils me le fassent savoir bien sûr.)

 


 

Repost 0
31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 17:44

je suis vernis

 

img626

cette petite chambre d’hôtel recelait

des petits trésors.

dessin pour gravure en vernis mou.

(Luc Lamy - 2005 - Dessin pour gravure en vernis mou)    

 

 

 

        Je suis bien ennuyé car je vais devoir avouer publiquement ici une de mes forfanteries ordinaires. La carte postale que j’ai prétendu avoir reçue cet été et à laquelle j’avais attribué le premier prix du Grand Concours est en réalité une vieille carte postale qui datent de quelques années et qui remporte régulièrement le grand prix vu que je n’en ai plus reçue depuis. 

 

          Je sais, c’est pitoyable, pas de quoi se faire hara-kiri quand même, et je renonce donc d’ors et déjà à vous la ressortir l’été prochain. Enfin... sait-on jamais, je la garde sous le coude quand même. 

 

        Car, ô divine surprise, Dame Arobase est passée par là (une sorcière?) et voilà que pas plus tard que ce matin je trouve cette superbe carte postale dans ma boîte à lettres. Et là bien sûr, pas d’hésitation possible. C’est ma d@me qui gagne haut la main! Notez au passage quelle femme de goût elle est puisqu’elle a choisi l’un de mes peintres préférés, j’ai nommé Luc Lamy et sa fameuse technique du vernis mou qui colle un peu au doigt mais on n’a rien sans rien.

 

        Mille mercis à Mad@me qui peut donc venir chercher son lot, c’est à dire un... ou une... (Merci de me rappeler de quel lot il s’agissait, impossible de m’en souvenir.)

 

 

 


 

Repost 0
30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 18:11

 

l’avis du suicidé

  

 

img625 copie

 

 

     Si l’on en croit l’adage, un suicidaire averti en vaudrait deux ce qui serait bien dommageable vraiment mais fort heureusement faux car le candidat, même préalablement avisé, n’emporte que lui seul au diable c’est à dire trois fois rien. 

 

     Ce pourquoi je me fais un devoir aujourd’hui d’avertir le suicidaire, étant le seul suicidé à pouvoir parler. Je ne veux pas dire par là que je me sois raté, non. (Quoique rater soit à ma portée ou plutôt dans mes cordes, histoire de rire un peu.) Car je le dis en toute modestie, sans m’en vanter le moins du monde : j’en suis revenu putain. Ce qui fais de mon humble personne un genre de revenant, ou sorte de Christ des Carpates si l’on est croyant.

 

     J’ouvre une parenthèse. Il y a trois façons, toutes plus ou moins déplorables de se rater : celle assez fréquente qui est le désir de s’absenter quelques instants, désir d’attirer l’attention ou appel au secours passons, une deuxième consiste à sous-estimer son propre instinct de survie, le corps ne souhaitant pas mourir, lui, non, il en redemande encore, il se trouve mieux portant vivant, et comme on le comprend. La troisième et dernière façon est le manque de chance : on saute du cinquième étage, on se brûle consciencieusement la cervelle, et nous voici sanglés sur un fauteuil roulant à boire notre soupe avec une paille pour le restant de nos jours. Je me demande d’ailleurs pourquoi on ne montre pas aux candidats des photographie de ces malchanceux. Fin de la parenthèse.

 

    Venons en au fait. Se suicider ne sert à rien. On ne trouve dans la mort aucun repos. On n’y trouve rien. Ça n’est pas comme l’on croit souvent, comme l’on veut croire - en espérant parfois un peu plus, par exemple le paradis -, comme éteindre la lumière pour profiter de l’obscurité, de son calme, de son silence, de sa paix. Autre erreur : imaginer qu’un tel geste va bouleverser le Monde. Amis, famille, voisins, voisines, tous ces salauds ne se remettront jamais de vous avoir enterré vivant. Vous serez déçus.

 

    (La disparition en revanche peut avoir un petit côté mystérieux, à même d’entretenir le suspens et de hanter les esprits les moins occupés à autre chose. Mais une telle disparition exige un long voyage, de sauter par dessus bord au milieu de l’Atlantique ou de vous glisser subrepticement dans la crevasse d’un glacier, vêtu de peaux de bêtes dans l’espoir de passer enfin à la télé lorsqu’on vous retrouvera trois siècles plus tard. Mais les glaciers ces cons fondent comme neige au soleil de nos jours, assez vite pour vous retrouver au commissariat de Chamonix en tenue de Cro-Magnon menottes aux poignets. Allez expliquer après que.)

 

    Non, la mort est inimaginable. Croire s’en être fait une idée, même petite, exactement comme je viens de le faire ici est assez illusoire. Sauf que, sauf que, tenter d’écrire l’indicible c’est encore écrire, c’est encore vivre. De sorte que si je parviens à écrire jusqu’à mon dernier souffle, je ne mourrai jamais. C’est ce que je crois... jusqu’à un certain point.

 

       Robert Pinget achève l’un de ses plus beaux livres, Le Fiston, sur ces mots : 

 

“ Il reste la ville proprement dite ou les toits de la ville qui commence pas loin de l’endroit où. Déjà dit. Plus loin la rivière qui fait un coude, qui disparaît dans la bois. Déjà dit. Plus loin la route ou les routes et la montagne où on peut se perdre, où on se perd, où on est perdu. Tout ce qui reste, un paysage, tout ce qui reste est perdu. Que je continue, fiston, que je recommence à quoi bon. Il reviendra allez, il vous ressemble, cette lettre que j’aurais postée cette nuit. Elle reste comme ce qui n’est plus. En dehors de ce qui est écrit c’est la mort.”

 

 

     (Un début d’explication à ce billet décousu. L’autre soir au bistro, je rencontre un jeune homme sympathique, énergique, saisonnier dans la restauration. Nous parlons de Marseille où il a souvent travaillé. La conversation, je ne sais plus comment, en vient au prix des studios et des chambres d’hôtel dans le quartier. Il s’est marié la veille et veut se rapprocher de sa jeune épouse “qui est à Curie”. J’imagine, vu le ton apparemment détendu de la conversation, qu’elle y travaille. Mais après quelques minutes je comprends qu’elle y est soignée. Elle a vingt-quatre ans, une petite fille de trois semaines, elle est condamnée absolument. Peut-être même devrais-je parler d’elle au passé. Le jeune époux, le jeune père, a ajouté très tranquillement : “Plus jamais je n’aimerai la vie. Plus jamais. C’est pas grave...” Et il s’est levé pour aller chercher un autre verre. Deux jours que je ne le vois plus le soir. Deux jours que je pense parfois à lui.)

 


 

Repost 0
19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 17:18

 

Mais quel vieux c... !!


      C’est ma faute, je n’aurais jamais dû confier à Depluloin la rédaction de son dernier billet. Par ailleurs, c’était assez normal. Mais voilà que je le découvre à mon tour ce billet accompagné de vos commentaires. Imaginez ma stupeur. Le bougre n’a pu s’empêcher de faire du style et de sombrer dans le pathos. Certes, qu’il ait cherché à se venger, vexé d’avoir été remercié et surtout terrorisé à l’idée de prendre des vacances, c’est lui tout craché et je lui pardonne (après tout, c’est moi qui l’ai engagé!) Mais pas d’avoir réussi à inquiéter certains d’entre vous. Moi-même ai failli versé une larme. 

 

       Eh bien à mon tour : histoire de lui apprendre à mieux se tenir à l’avenir, je vous livre en vrac quelques photos de ses vacances reçues ce matin même ainsi que d’autres issues de son album. Vous l’y verrez tour à tour se balader en famille, apprendre à plonger, à nager la brasse et le “Over arm stroke”. J’y ajoute quelques photos de lui à tous ses âges, tous ingrats comme vous pourrez le constater. 

 

      (En réalité, l’idée, plus sérieuse celle-ci, était de passer à des textes peut-être plus rares mais plus “écrits”, voire plus sérieux. Je me voyais mal en effet recommencer une année avec ces billets deplownesques. Mais change-t-on si facilement Depluloin? A son âge surtout? Tiens, voilà que je m’y perds moi-même. Bref, comme disait ce brave Pluplu, nous verrons bien. Pas gagné.)


 

img606

Depluloin en famille


img611

img610 - copie

img610


img607 copie copie

img612


img607 copie


img609

Depluloin à dix-huit ans


img609 - copie

Première et dernière communion solennelle


 

img609 - copie copie

Depluloin à vingt ans


img605

Depluloin aujourd'hui

 

 

 



 



 

Repost 0