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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 12:48

 

MARS-2012 1823

 

  Il y a peu encore je croyais les bancs publics réservés exclusivement aux vieillards et aux désœuvrés[1]. S’asseoir là pour attendre Dieu sait quoi avait pour moi quelque chose de socialement dégradant. Sauf à tenter de se donner une contenance en faisant semblant de lire ou de dessiner, le message adressé me paraissait clair : Voyez, je suis là pour voir passer le temps car je n’ai rien de mieux à faire, je suis seul et inutile, encore heureux que la société me permette de me poser là quasiment gratuitement, je n’ai qu’à bien me tenir.

  Voilà très exactement ce que je pensais. Avoir si mauvais esprit est l’une de mes rares qualités car, la paresse aidant, je sais d’expérience que posséder un esprit étriqué permet de réfléchir plus vite, vu l’étroitesse de l’espace, et qu’ainsi les conclusions, toutes sujettes à caution mais qu’importe, arrivent d’autant plus rapidement, quel gain de temps avouez.

  Tout ceci, c’était avant. Du temps de ma jeunesse. Mais voilà que l’autre jour, je suis devenu vieux d’une seconde à l’autre : le temps de poser mes fesses sur l’un de ces bancs et ce avec un naturel et une aisance qui m'autorisent à penser que je devais être vieux bien avant cet acte fondateur. D’autant que contrairement à ce que je redoutais le choc psychologique n’a pas été si rude. A dire vrai, je me suis senti immédiatement à ma place. Il n’y a pas de mots, et je dois avouer que cela m’arrange, pour décrire l’état de béatitude, d’hébétude plutôt, qui s’empare de vous dès lors que vous vous posez sur un banc. Il ne se passe rien, c’est heureux, car l’on a vite fait de se désintéresser de tout, des pigeons, des passants, des enfants qui s’emploient à soulever la poussière, et c’est à peine si vous jetez un œil sur un collègue assis à quelques mètres de là, tout aussi abruti que vous qui débutez pourtant.




[1] Certes, on pourra toujours objecter que les amoureux les utilisent volontiers pour mieux se mentir. Mais la mode semble avoir passé. Aux bancs publics, ces voyous préfèrent les pelouses interdites où la position allongée autorise des mensonges plus énormes encore tout en favorisant certains attouchements.

 

 

 

 

 


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:56

 

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(François Matton)

 

Peut-être pas de sitôt mais bientôt !

(Et je vous embrasse !!)

 

 


 

 


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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 11:05

 

douche

 

  La vie ne cesse de me gâter, elle me couvre de cadeaux que ça en devient gênant. L’autre jour, la surprise est venue de ma douche. Le mélangeur dont elle est équipée a soudain refusé de mélanger. Depuis, son pommeau délivre, de façon parfaitement égale et symétrique, une eau glacée d’un côté, bouillante de l’autre. L’effet est assez étrange, à ma connaissance inédit, et au final déplaisant. Assez pour me pourrir l’un des rares moments agréables de la journée qui en compte peu. (Si j’étais manchot, je pourrais même ajouter qu’ils se comptent sur les doigts d’une main.) J’ignore par quelle aberration de la nature ces deux eaux refusent aussi catégoriquement de se mêler. Sans doute devrais-je me pencher sur la mécanique des fluides mais me pencher m’ennuie. Ou plutôt m’inquiète. Par les temps qui courent, à trop me pencher, Dieu sait ce qui pourrait encore m’arriver.

 

 

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:45

 

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  Si enfance il y a eu - et tout porte à croire que ce fut le cas -, c’est la maison de mon enfance.

  Pourtant elle ne me dit rien. Je n’y ai pas été heureux. Je n’ai été heureux nulle part dans nos maisons, d’enfance ou d’ailleurs. Sauf la terrasse peut-être que je n’ai pas connue ainsi, avec cette pergola, puisque l’été nous pouvions y trainer nos matelas pour assister aux pluies d’étoiles filantes, au passage du premier satellite, aux orages en mer, à une bataille sanglante aussi sur la montagne Bugeaud, je m’en souviendrai toujours, les balles traçantes, l’impact des obus et des bombes de l’aviation, les files de camions montant au front.

   Ce qui pourrait me parler en revanche, bien mieux, ce serait le jardin où tout, l’essentiel, se passait. Les eucalyptus, les citronniers, les orangers, ses odeurs, ses parfums de figues de barbarie pourrissant au sol, la merde des voisins, un délice ce mélange embaumant la vie pure. L’air superbe de l’Afrique. Sensuel, érotique, fameux. La mer aussi bien sûr, si proche. Et le sang. Du sang partout. L’Afrique est la terre du sang. Elle le sera encore longtemps, cette terre maudite et magnifique.

 

 


 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 14:14

 

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Le p'tit frère. A Bône (Algérie). 1959 ?

 

 

   Tel l'illustre Tartarin, à la descente du bateau nos sympathiques bidasses croyaient débarquer en plein désert et au milieu des chameaux. Las! certains hivers étaient si rudes dans le djebel que les chasseurs alpins y furent envoyés en force.

 

 

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:39

 

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  Au fond de l'église Sainte Thérèse, surplombant l’autel, une immense fresque représentant le Christ en croix. Je me souviens que la couleur de son corps m’impressionnait, il était d’un vert appuyé, en voie de putréfaction assurément ce corps, à la place du premier intéressé ou celle de son père, je ne sais pas comment ils s’arrangent entre eux sur ces questions de résurrection, je n’attendrais pas trois jours.

  Mais, fait bien plus marquant : lui et moi avions le même slip. Je veux dire de la même marque. Je pencherais pour Petit Bateau mais je ne peux rien affirmer comme ça, surtout en ces affaires mystiques. Et cela m’épatait : lui et moi avions enfin quelque chose en commun, ce slip nous liait si je puis dire, ou tout au moins nous rapprochait. (Même éducation, même mère juive, même magasin peut-être ?)

   Et cela m’épatait car j’avais bien vu (quand on a six ou sept ans que faire d’autre durant ces interminables grands messes sinon d’observer la faune, la flore aussi accrochée aux chapeaux de ces dames maniant l’éventail, mais surtout les sculptures, les peintures, le chemin de croix qui fait comme une bande dessinée qui se termine bien), j’avais bien vu oui que sur toutes ses autres représentations le même Jésus sur la croix était en costume d’époque me semblait-il, vêtu d’une sorte de voilage, d’un drapé plutôt, en rien comparable avec nos slips Petit Bateau plus pratiques et modernes.

    Que signifiait cette soudaine proximité ? Trop jeune à cette époque, je ne crois pas m’être posé la question aussi précisément, mais il est possible qu’elle soit restée une trentaine d’années comme en suspens dans mon nom de dieu de subconscient, avec quelques pauses tout de même, où les sept péchés capitaux y allaient bon train, trente ans durant lesquels j’ai plus ou moins souscrit à la doctrine de notre Sainte Mère l’Eglise, ça fait long dans une vie, tout ça pour un slip, même de qualité.

 

 

 


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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:08

 

Pluplu qu'il en plu plu

 

   Hélas, même si je n’ai pas son talent - ce mot appliqué à lui m’arrache la gueule -, je vais devoir remplacer très provisoirement Depluloin, ce bougre que je me suis amusé à tancer parfois dans l’espoir qu’il m’écrive enfin un bon billet. Comme je le regrette aujourd’hui, le pauvre faisait sans doute de son mieux, et aussi ce qu’il pouvait.

   Bref, il est là-haut dans sa chambrette et refuse d’en sortir. Il a mal au cœur, a-t-il prétexté. Le médecin, alerté immédiatement, m’a confié qu’en réalité l’imbécile voulait dire qu’il avait du chagrin. Beaucoup de chagrin. Une consultation à domicile, un dimanche, pour s’entendre dire ça, ce crétin, pardon, cet excellent garçon aurait pu m’épargner cette dépense. Devant mon désarroi, le médecin a fini par me proposer de le piquer. J’ai catégoriquement refusé, vous pensez bien. Et là, tout soudain, je me demande pourquoi j’ai été si catégorique. Après tout, la proposition était généreuse et méritait de d’être étudiée de près, voire de s’y arrêter un instant au moins, voire de…

  Quoi qu’il en soit me voilà bien. L’inquiétant c’est qu’il ne veut plus lâcher son Beckett (un juif ?) « Malone meurt ». Vu le titre, j’imagine qu’elle ne doit pas être très gaie cette histoire, ou alors c’est un polar car je l’entends parfois rire aux éclats. C’est curieux. Je lui ai bien proposé de lui réciter le Bescherelle pour le distraire, et lui donner aussi l’impression de progresser dans l’art des Lettres, mais rien à faire. Il a son programme de lecture et n’en démord pas : Malone meurt donc, suivi par Le Fiston – ouvrage qu’il a bien dû lire cinq ou six fois cette année. La fin est sublime, m’assure-t-il chaque fois, à condition de commencer par le début. (C’est avec ce genre de réflexion qu’il parvient à me mettre hors de moi, où je ne me prive pas de le frapper d’ailleurs, le tout avec un plaisir qu’il vous est impossible d’imaginer.) Espérons cependant que ce malaise ou ce mal-être seront passagers. J’en doute, l’ayant rarement vu dans un tel état. Bref, ce blog va donc entrer en sommeil pour un temps indéterminé.


  Depluloin est un personnage que vous avez créé. Il est votre œuvre. Vous l’avez façonné mieux que je n’aurais été jamais capable de le faire moi-même. Il est à vous pour toujours. (Il est tellement à vous que je vous le laisse, vous aurez à cœur de lui offrir des obsèques simples mais dignes. Simples surtout. Il a toujours aimé la terre, il va être servi.) Et je suis sûr qu’il a déjà honte de ne pas avoir eu le courage de vous dire adieu lui-même. Il le fera bien un jour, je ne connais que trop bien ses petites coquetteries de starlettes. (Sale con, tiens. Pédé. Je hais ce con. Pardonnez-moi, cela m’a échappé.)

 

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Tenez, voici une des photos les plus récentes de lui. Il a l’air fort soucieux ce crétin mais en réalité non : il pense très fort l’abruti - ça lui fait toujours cette figure idiote - essayant probablement de suivre la conversation en cours. Il a du mal parfois. Bien du mal, bien du mal. Tenez, c’est simple, cet enculé va réussir à me tirer des larmes, manquerait plus que ça. Je vais le buter, c’est sûr. J’aurais dû le faire il y a longtemps. Soixante euros de médecin, non mais vous vous rendez compte ? J’ai mis un « s » à euro dans l’espoir que ce fat vienne me signaler que c’est une faute. Et il me dira, je l’entend déjà : un euro, des euro. Et là, il est mort. Sur la tête de ma mère, il est mort. Mais rien ne bouge là-haut, preuve qu’il tient encore à la vie. Ou alors c’est son Beckett là, ce juif, qui le tient en mauvaise haleine. Ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire, c’est pourtant le pompon : Monsieur a décidé de ne plus se laver, il désire puer. J’en suis à peu près convaincu maintenant, c’est dans ses mauvaises lectures qu’il va puiser ces conneries. A l’avenir, si avenir il y a, ce sera donc le Bescherelle ou rien. De l’autorité, voilà ce dont il a besoin. 

 

 

 

 


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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 17:00

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  Ma mère faisait tout à la perfection ou avec une grande application – avec moi, elle aurait pu s’appliquer un peu plus, comme avec mes frères et sœurs d’ailleurs, qui sont complètement ratés eux. Elle montait à cheval, jouait au tennis, mais tous les éléments ne lui convenaient pas. L’eau principalement. Elle nageait moyennement bien et la nage indienne exclusivement.

  Jusque là, c’est passionnant.

  Quand j’étais enfant, la nage indienne était déjà obsolète. C’était même une nage fossile en quelque sorte. Ma mère nageait donc peu.  Quand on habite à cinquante mètres de la mer, c’est bien dommage (d’autant qu’elle était d’origine marseillaise mais tout le monde sait que les marseillais ne nagent pas, il n’en ont pas le temps). Mais lorsqu’une fois par semaine nous allions pique-niquer avec des amis sur un îlot au large du cap de Garde. Au large, pas tant, puisqu’il ne fallait nager qu’une trentaine de mètres seulement pour l’atteindre. Ah j’oubliais, tout ceci se passait en Algérie (française). Je précise parce qu’en ce temps-là les fonds rocheux étaient sublimes avec des quantités d’algues, de coraux, des myriades de poissons, une merveille qu’on ne voit plus de nos jours qu’au cinéma mais qui me terrorisait moi quand je regardais sous l’eau et donc je ne regardais pas sous l’eau plutôt crever.

  Bref, lorsque c’était au tour de ma mère de se lancer à l’eau, je m’efforçais de regarder ailleurs sans y parvenir vraiment. Les compliments sur la grâce de ma maman en pleine action et la beauté de cette nage antique, fusaient alors de toute part, mais de mon côté je me demandais s’il n’y avait pas quelque ironie derrière ces éloges, et ma réponse était oui.

  Quant à mon papa tout blanc, il travaillait lui, il se lançait dans une brasse tout à fait académique mais fort poussive, il avançait peu ou ça ne se voyait pas à l’œil nu, et je ne respirais qu’une fois qu’il avait enfin atteint la rive. Il fallait compter un bon quart d’heure de traversée. Un quart d’heure, c’est long sans respirer.

 

 

(J'espère que la signature est lisible puisque j'ai laissé les références de cette œuvre à la maison... euh... ce célèbre peintre mexicain... j'ai son nom sur le bout de la langue... Oh et puis flûte! Demain, je vous en dis tout sur cette toile.)

 



 

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 16:22

La farandole des desserts. 

 

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  Ça va manquer de sucre je sens. Les laitages (un yaourt ? du fromage blanc ?), je ne les supporte qu’abondamment sucrés. Très abondamment. En réalité, ma préférence va aux plats de résistance salés. Bien salés. Faut pas trop saler paraît-il mais moi j’aime. Donc je sale et je poivre. Voilà. Jusque là c’est clair. Ah j’oubliais les entrées mais je n’ai pas envie d’en parler, trop compliqués les mots pour expliquer les différentes sortes d’entrées, à cause des noms de légumes principalement. J’en reviens donc à mon dessert. Je préfèrerais une pomme ou une poire. Une poire surtout, c’est le meilleur fruit au monde. De loin le meilleur, je ne comprends pas que tout le monde ne soit pas de mon avis là-dessus. M’en fiche un peu c’est vrai mais qu’une belle unanimité, universelle tant qu’à faire, se fasse sur la poire me ferait plaisir. Je doute que la Terre entière, dans une belle unanimité s’entend, veuille m’accorder ce petit plaisir mais la question n’en demeure pas moins lancée. Et donc j’attends, on ne sait jamais. Peut-être qu’une foule innombrable va soudain surgir du coin de la rue pour scander sous ma fenêtre vive la poire qui est le meilleur fruit au monde. Ce serait sympa.

 

 


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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 16:33

Un jour sans

 

AOUT-2011 1054 - copie

 

(Un jour cendres?)

 


 

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