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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 17:49

Un autre temps  

 

     A ceux qui comme moi ne supportent la campagne plus de vingt-quatre ou quarante-huit heures, ou ne la supportent qu’à la condition express d’y séjourner dans une vaste cuisine face à la cheminée, la cave pour ainsi dire à portée de main, sans oublier bien sûr, toujours à portée de main, quelques jeunes femmes joyeuses et peu farouches, je dédie ce billet...

 

LES-HOMMES-DANS-NOS-CAMPAGNES 0658

 

        La campagne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, un désert sinistre où chaque arbre, chaque branche un tant soit peu solide, constituent autant d’occasions de se pendre, cette campagne fut il y a encore peu une joyeuse fourmilière dont on a du mal à imaginer l’activité.

 

LES-HOMMES-DANS-NOS-CAMPAGNES 0660

 

       Du temps où je pouvais passer quelques jours de vacances dans le Périgord, il m’arrivait d’aller promener aux forges de Savignac-Lédrier en Dordogne, forges du XVIIIe miraculeusement préservées - et restaurées depuis - puisqu’elles gardèrent une activité, certes réduite, jusque dans les années soixante. Quant à moi, je préférais tenter d’imaginer l’animation qui devait régner dans cet endroit devenu désert : les ouvriers, les ouvrières, les charretiers amenant le charbon de bois, emportant les clous et autres produits finis, les charbonniers qui peuplaient les collines de châtaigners, le bruit des marteaux-pilons, les ordres, les rires... Image d’Epinal sans doute, dissimulant bien des misères sûrement. Mais peut-être pas autant qu’on pourrait le croire.

      Sans doute mes vacances d'enfant, dans les années soixante, me facilitent cet effort d'imagination. Chaque jour il fallait mener les vaches au pré, les garder en jouant avec les chiens, puis les rentrer le soir. Atteler les vaches, non les bœufs, pour faucher, puis faner, puis transporter le foin à l'aide de charrettes qui me paraissaient lourdes et immenses et sur lesquelles nous trônions, fiers comme des hommes.


 

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commentaires

Sophie K. 21/02/2010 12:51


Hahahaha ! J'ai lu "Dieu glisse dans les détails" (dyslexie miraculeuse, nan ?)


Depluloin 21/02/2010 16:34


Ah c'est formidable! ^^!!


mon chien aussi 21/02/2010 12:38


Quand quelqu'un écrit dieu avec une majuscule, j' m'inquiète pour Elle. :)


Depluloin 21/02/2010 16:33


J'avoue qu'il m'arrive de le faire pour préciser qu'il s'agit de "notre" Dieu chrétien. Juste affaire de précision. Mais le conditionnement joue aussi...



Sophie K. 21/02/2010 12:28


Monch' voit Dieu partout, ça m'inquiète un peu... :0)

Ô Depluloin, bien que nous n'ayons pas gardé les vaches ensemble, j'en ai gardé aussi, des vaches, jadis, et j'ai aussi fait les foins, et me suis assise tout en haut de la charrette, fière comme
vous...
(Ce qui me navre le plus, c'est la laideur des "zones", ce truc qui a envahi la campagne, avec ses cubes de tôles et ses affiches insupportables, ses ronds-points et ses parkings. Ca n'appartient
ni à la ville, ni à la campagne, la "zone". C'est juste un avant-goût de l'enfer.)
Bàv !


Depluloin 21/02/2010 12:40


Dans ce coin des Pyrénées, les permis de construire ont fait que les terres cultivables très riches soient envahies par les villas... Ça ne ressemble plus à rien, en effet.

Sinon, il paraitrait que Dieu gisse dans les détails... Saint-Songe les voit j'imagine ces détails...


L....................................................uC... 21/02/2010 10:55


@Crapouillette : souvent l'élève dépasse le maître ;o)


dominique boudou 21/02/2010 10:45


J'ai connu cette campagne dont vous parlez, à cette époque et à plein temps. Mon imaginaire s'y est construit. Pourrait-il s'y construire aujourd'hui de la même façon ? Je ne le crois pas.
Aujourd'hui, en pleine campagne, on peut trouver un supermarché avec son parking et il reste assez peu de paysages vraiment naturels... Alors....


Depluloin 21/02/2010 11:03


Oui, je n'ai pas remis les pieds dans cette vallée de Pyrénées depuis trente ans au moins. Il parait que c'est une désolation. Sur les sept ou huit petits agriculteurs, un seul s'en est sorti. Les
terre cultivables (très riches) ont été plantées de maisons individuelles, le village lui-même est désert, les prairies de moyenne montagne méconnaissables, envahies de brousailles et
d'arbres...

A prpos de cet imaginaire que nous nous sommes construits les uns les autres, je ne m'étonne plus maintenant de ce fossé béant qui semble me séparer d'une génération que je croyais pourtant assez
proche de la mienne. Put-être avons-nous eu de la chance? Je le crois.